‹ Les romances du CidChapitre 68 sur 132 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Vous sauvera dans l'autre monde ; Moi, je m'en charge en celui-ci.

Il nous arrive des richesses.

Les deux objets de nos tendresses

Vont bientôt se voir rechercher.

Calmez l'effroi qui vous égare :

C'est un trousseau qu'on nous prépare ,

Et c'est moi qui vais le chercher.

Du haut de cette tour, Chimène, Toujours dans la lutte prochaine Reposez vos regards sur nous.

Hormis Dieu , rien ne peut m'abattre, Et je suis sûr de mieux me battre Quand je me battrai devant vous. »

Ce Miramolin redoutable Vit de son armée innombrable Le reste fuir avec effroi.

Le Cid, dans sa magnificence, Envoya d'un butin immense La plus grande part à son roi.

Au roi dans ce moment quel regret se prépare ! Du fort de Ruéda chassant sa garnison,

Le Maure Almofalax par ruse s'en empare, Et le retient par trahison.

L'inexpugnable fort que ce Maure apprécie , Parmi les plus ardus se faisait remarquer ; Et l'infant don Ramire et le comte Garcie Le viennent en vain attaquer.

Almofalax, un jour, leur dit quil veut se rendre , Et veut dans un banquet les recevoir d'abord; Là, tous deux attaqués sans pouvoir se défendre Boivent la coupe de la mort.

liCur armée interdite encor plus qu'indignée A de se disperser pris le parti très prompt. Alphonse, de Burgos, ne pourra d'une année Laver un si sanglant affront.

Mais le Gid est instruit de ce complot infâme. Le Gid, au même instant, convoque ses guerriers. Au fort de Ruéda, plein d'une noble Hamme, 11 conduit tous ses cavaliers.

Almofalax défend le fort qui le protège, Et croit braver le Gid à l'abri de ses tours. Le Gid pour triompher avait un sortilège. Du moins il triomphait toujours.

Aux Maures assiégés il ouvre une autre lice. Le premier à l'assaut il dompte leur effort.

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