XVIII PREFACE
mettront , offrent sans donte bien plus de gaieté et d'imagination. Le Cid a d'autres avantages que quelques personnes pourront préférer. Voici de la chevalerie historique, et non plus de la chevalerie romanesque. C'est, si l'on veut, la même famille; mais c'est une branche très éloignée. On verra que ces écrits , très différens par le fonds , se trouvent ici différer encore plus par la forme. Puissent tous ces ouvi'ages, à chacun desquels j'ai tâché d'imprimer un caractère particulier, concourir à prouver ce que j'ai toujours pensé, que le champ delà chevalerie est plus vaste, plus varié , et n'est pas toujours moins noble et moins brillant que la brillante mythologie de la Grèce !
Un mot, et j'ai fini : j'ai tâché, surtout, de perfectionner ces romances ; mais je pourrais bien les avoir gâtées. C'est ce qui sera immanquablement arrivé, si elles ne plaisent pas. Ainsi je proteste d'avance pour les Espagnols et pour leurs romances contre les miennes, si celles-ci ne sont pas goûtées : ce sera uniquement ma faute , et non celle des modèles , si souvent pleins d'un intérêt et d'un charme que je n'aurai pas assez reproduits. On n'est pas toujours sûr d'être heureux; mais il faut toujours être juste; et, bien ou mal imité par moi , ce recueil de romances populaires me paraît , môme avec ses imperfections , un des produits les plus remarquables , et le plus curieux peut-être, de la littérature espagnole.
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