‹ Les romances du CidChapitre 88 sur 132 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

D'autres , plus puissans , se déroulent Autour de Fanez assailli.

Dans cette lutte de carnage Entre le nombre et le courage , La victoire hésitait encor :

Mais Valence a rouvert sa porte ; Avec Chimène et son escorte Paraît le Gid Gampéador.

Il garde son armure noire , Signe d'un éternel chagrin.

Son glaive, frère de sa gloire, Est encor fidèle à sa main.

Autolinez, qui le soiilève.

Et Martin Pelez , son élève Aux exploits les plus périlleux, Soutiennent ce héros sublime Sur son coursier qui se ranime Sous un fardeau si glorieux.

A cette taille gigantesque.

Au coursier de blanche couleur,

Tout d'abord la foule mauresque

Reconnaît son ancien vainqueur.

Malgré Boncar et ses prodiges,

De la peur les pâles vertiges

Ont surpris ses meilleurs guerriers.

Tout meurt, 6u, prompt à disparaître.

Fuit, comme à l'aspect de leur maître

Gourent de pâles écoliers.

Et bientôt, parmi leurs alarmes.

Devant un cortège si beau, Le Gid, encore sous les armes, Franchit la pierre du tombeau.

De ses jours couronnant la scène, Ce fut un beau vœu de Chimène , Ce fut un noble coup du sort, Que le guerrier digne d'envie Qui triompha toute sa vie, Triomphât même après sa mort!

A Saint-Pierre Je Cardëna, devant le tombeau du Cid, on avait {jravé cette inscription qu'il avait sans doute inspirée :

JESDISLECIDRliï-DIllZ.

J'AI VMHPJ LE ROI BOHCAR AVEC TREffi-SIX ROIS PAYEHS,

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