‹ Les romanesques; comédie en trois actes en versChapitre 38 sur 83 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

PASQUINOT, 1© regardant, par-dessus sa gazette, à part.

Il a l'air d'un vaste hanneton Qui virevolte, avec ses basques pour élytres.

Il feint de lire quand Bergamin repasse deyant lui. BERGAMIN, le regardant, à part.

Il louche, quand il lit, ainsi que font les pitres Après leur papillon.

Il remonte en sifflotant.

PASQUINOT, à part, nerveux.

Il siffle!... c'est un tici

Haut.

Ne sifflote donc pas toujours, comme un aspic.

BERGAMIN, souriant.

Nous distinguons le brin d'éteule aux yeux des autre» Et nous ne sentons pas la solive en les nôtres ! Vous avez bien vos tics...

PASQUINOT.

Moi?

BERGAMIN

Vous VOUS dandinez, Vous reniflez sans fin, Roi des Enchifrenés, Le nez toujours noirci d'un vain sternutatoire, Vous contez six- vingts fois par jour la même histoire

PASQUINOT, qui, assis, jambes croisées, balance son pied.

Alais...

BERGAMIN

Vous ne pouvez pas un'instant vous asseoir Sans balancer le pied comme un gros encensoir ; A table, vous roulez votre mie en boulettes... Maniaque, mon cher, ah ! non, ce que vous Têtes !

PASQUINOT.

Oui, comme maintenant on s'ennuie à moisir,

De m'invenlorier vous avez le loisir;

Vous dénombrez mes tics, vous en dressez la liste ,

Mais la vie en commun, cette grande oculiste.

Me désaveugle aussi ! Je vous vois ladre, faux,

Égoïste, et chacun de vos menus défauts

Grossit, — comme la mouche amusante et gentille

Devient un monstre affreux. Monsieur, sous la lentille.

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