‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 24 sur 100 · DÉPART DES NEVEUX · texte numérisé non relu

DÉPART DES NEVEUX

Les quatre frères convinrent donc qu'ils parti-

raient dans la quinzaine et leur mère leur

fit

secrètement préparer des armes

et

des chevaux

et

appareiller tout leur harnais

Sur

ce ,

arriva

messager

de

Galessin

joyeux

de

trouver que leur cousin avait

eu la

méme idée qu'eux

ils

furent

le

prendre

au

rendez

vous qu'il leur avait fixé dans

la

forêt de Broceliande

et

tous les cinq

sans

le

congé

leurs pères

ils

se

mirent

en

route de compagnie pour Londres

en

Bretagne

, la

maîtresse ville

du

royaume

Logres

bien armés

bien montés

et

bien accompagnés

comme

convient

des fils de roi

C'était

au

début de mai

au

temps nouvel

quand les oiseaux chantent clair

et

en

paix

et

que toute chose flambe

joie

quand les bois

et

les vergers sont fleuris

et

que les prés reverdissent d'une herbe neuve

et

menue

tout entremêlée

de

fleurs qui ont suave odeur

que les douces eaux reviennent

en

leurs lits

et

que l'amour réjouit les pucelles

et

les valets

qui ont

le

cœur joli

gai pour

la

douceur

du

temps nouveau

Gauvain

Agravain

Guerrehès

Gaheriet

Galessin chevauchaient de bon matin

MERLIN L'ENCHANTEUR

leurs palefrois , comme damoiseaux jeunes et tendres qui veulent éviter la lourde chaleur de midi , chapeaux de fer en tête , toutefois , et l'épée à l'arçon , car le pays n'était point sûr ; et

ils

étaient suivis d'une troupe d'écuyers

tous jouvenceaux

de

première barbe

de

garçons

pied

menant leurs destriers couverts

de

fer

et

les

sommiers chargés

du

bagage

Galessin

qui était très amoureux

se

mit tout

coup

chanter merveilleusement un air nouveau

et sa

voix faisait retentir au loin les bois

et

les prés très plaisamment

Puis

pria Gaheriet

de

chanter avec lui

Et

quand

ils

furent las

demanda

ses compagnons

- Ores me dites

, si

vous teniez une belle pucelle

ce

que vous

en

feriez

Qu'Agravain réponde d'abord

répliqua Guerrehès

est mon aîné

- - Par Dieu

fit

Agravain

, si le

cœur m'en disait

lui ferais l'amour malgré qu'elle

en

eût

- Par Dieu

fit

Gaheriet

, je

n'agirais pas

ainsi

je la

mènerais

en

sûreté

Et vous

Guerrehès

qu'en feriez

vous

- J'en ferais m'amie

s'il lui plaisait

mais

je

ne la

forcerais point

car

le

jeu

ne

serait pas

beau

s'il

lui agréait aussi bien qu'à moi

- Gaheriet

dit

le

mieux

et

Agravain

le

pis

s'écria Gauvain

car celui qui

la

verrait attaquer

ne la

devrait

pas défendre

son pouvoir

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