‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 53 sur 100 · PAIX DU ROI LOT · texte numérisé non relu

PAIX DU ROI LOT

Le roi Artus était à la fenêtre de son palais

en compagnie des rois Ban et Bohor .

-Sire , ne reconnaissez -vous pas ce chevalier , sur un destrier noir , qui porte une lance frêne et un écu d'or et d'azur au lion rampant ,

sommé de couronnes d'argent ?

- De vrai , c'est mon neveu Gauvain !

C'était lui , en effet , qui amenait ses captifs ,

tous à pied , sauf le roi Lot , sans heaumes et les coiffes de leurs hauberts abattues sur les

épaules .- Sire , dit Gauvain en approchant , voici mon père qui , grâce à Dieu , vous vient comme à son seigneur crier merci . Acceptez son hommage , car il est prêt à vous le faire .

Le roi Artus descendit , et le roi Lot s'agenouilla devant lui et lui tendit son épée nue , en disant :

Sire , je me rends à vous . Faites de moi et de ma terre à votre plaisir .

Mais Artus le prit par la main droite .

Beau sire , levez -vous : vous avez été trop longtemps à genoux . Vous êtes si prud'homme qu'il vous faudrait pardonner de bien plus grands

méfaits que celui que vous avez commis ; et si

même , ce qu'à Dieu ne plaise , je vous haïssais à mort , vous avez des enfants qui m'ont rendu de

tels services , que je ne pourrais avoir la volonté de vous nuire .

Ainsi fut faite la paix du roi Lot et du roi Artus . Le lendemain , les maréchaux convoquèrent tous les barons présents à Logres et, devant eux , en présence du peuple, dans l'église , Lot

fit

son serment

moyennant quoi Artus l'investit de son fief

jura

de le

secourir

son pouvoir contre quiconque lui voudrait faire tort

Puis

, à la

mi

aotit

tint une grande cour plénière où

porta couronne

Et

distribua

tous des armes

des palefrois

des joyaux

, et or , et

argent

, et

deniers

, si

bien que

sa

bonne renommée s'en accrut

Quand huit jours

se

furent ainsi écoulés

fêtes

et

en

caroles

, le

roi Lot partit avec ses quatre fils

sans s'embarrasser de sommiers

ni

de

bagages

tous cinq montés sur de bons palefrois

faisant mener leurs destriers couverts de

fer par des valets

pied

Ils

passèrent par

le

château

de la

Sapine

les plaines

de

Roestoc

, la

forêt

de

l'Épinaie sous Carange

, la

rivière

de

Saverne

les

prairies de Cambenic

et ,

après plu-

sieurs rencontres avec les Saines qui couraient

le

pays

ils

parvinrent

Arestuel

en

Écosse

qui est

la

terre

plus ombragée

de

bocages qui

soit

Là

, le

jour

de

Notre Dame

en

septembre

Page 1