‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 54 sur 100 · PARLEMENT AVEC LES REBELLES · texte numérisé non relu

PARLEMENT AVEC LES REBELLES

ils

eurent

un

parlement avec

les

princes rebelles

auxquels s'étaient joints

le

roi des Cent Chevaliers

le

sire

l'Étroite Marche

et

plusieurs

autres barons

; et à

tous

le

roi Lot demanda de faire trêve avec

le

roi Artus et de marcher avec lui contre les Saines

- Comment

roi Nantre

lui avez

vous

rendu hommage

Ce

ne

serait point loyauté

car nous nous étions tous juré de ne pas nous désunir

répondit Lot

, je

lui

fis

hommage

contre mon gré

, et le

jour même que

je

comp-

tais lui nuire davantage

leur conta comment son fils Gauvain l'avait abattu

et

ne

lui avait accordé merci qu'à

ce prix

- S'il

en

est ainsi

vous n'ètes point

blamer

dirent

ils .

Plût

Dieu qu'il nous

en

fût autant advenu

Et

ils

promirent de

se

rendre avec toutes leurs forces aux plaines de Salibery pour marcher contre les païens

En même temps qu'eux

vinrent nombre

de

gens d'armes étrangers

ceux du roi Clamadieu

du roi Hélain

du duc des Roches

du roi Mark d'Irlande

qui eut pour femme Yseult

la

blonde

ceux de Galehaut

le

fils

de la

géante

seigneur des Lointaines Iles

et

beaucoup d'autres

Ils

rencontrèrent les gens des rois Ban

Bohor

Léodagan

et

des princes de

la

Petite Bretagne

Et tous venaient

MERLIN L'ENCHANTEUR

défendre Sainte Église .

Ils

avaient pour enseigne

la

bannière blanche

croix rouge

mais sur celle d'Artus

que portait Keu

le

sénéchal

on

voyait

au -

dessous

de la

croix

dragon

C'est ainsi qu'une grande armée chrétienne

se

mit

en

marche vers

la

cité

de

Clarence qu'assiégeaient

les Saines mécréants

plus nombreux les flots

de la

mer

Hérissée

de

ses lances

elle était semblable

un bois où les frênes auraient eu pour fleurs des pointes d'acier

La première bataille eut lieu devant Garlot

Ceux

de

Bretagne

qui avaient chevauché toute

la

nuit

arrivèrent près du camp des Saines un peu avant

le

jour

faisait une brume épaisse

et

bientôt une pluie menue

et

foisonnante commença

de

tomber

dont les païens furent mieux endormis encore

Ils

furent réveillés par

la

huée

des chevaliers qui chargeaient

travers

le

camp

rompant les cordes des tentes

en

abattant les mâts

renversant les pavillons

et

faisant un

tel

massacre qu'en peu

de

temps les chevaux baignèrent dans

le

sang jusqu'aux paturons

Les enseignes étaient

si

mouillées que les deux par-

tis

ne

se

reconnaissaient plus qu'à leurs cris

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