PARLEMENT AVEC LES REBELLES
ils
eurent
un
parlement avec
les
princes rebelles
auxquels s'étaient joints
le
roi des Cent Chevaliers
le
sire
l'Étroite Marche
et
plusieurs
autres barons
; et à
tous
le
roi Lot demanda de faire trêve avec
le
roi Artus et de marcher avec lui contre les Saines
- Comment
roi Nantre
lui avez
vous
rendu hommage
Ce
ne
serait point loyauté
car nous nous étions tous juré de ne pas nous désunir
répondit Lot
, je
lui
fis
hommage
contre mon gré
, et le
jour même que
je
comp-
tais lui nuire davantage
leur conta comment son fils Gauvain l'avait abattu
et
ne
lui avait accordé merci qu'à
ce prix
- S'il
en
est ainsi
vous n'ètes point
blamer
dirent
ils .
Plût
Dieu qu'il nous
en
fût autant advenu
Et
ils
promirent de
se
rendre avec toutes leurs forces aux plaines de Salibery pour marcher contre les païens
En même temps qu'eux
vinrent nombre
de
gens d'armes étrangers
ceux du roi Clamadieu
du roi Hélain
du duc des Roches
du roi Mark d'Irlande
qui eut pour femme Yseult
la
blonde
ceux de Galehaut
le
fils
de la
géante
seigneur des Lointaines Iles
et
beaucoup d'autres
Ils
rencontrèrent les gens des rois Ban
Bohor
Léodagan
et
des princes de
la
Petite Bretagne
Et tous venaient
MERLIN L'ENCHANTEUR
défendre Sainte Église .
Ils
avaient pour enseigne
la
bannière blanche
croix rouge
mais sur celle d'Artus
que portait Keu
le
sénéchal
on
voyait
au -
dessous
de la
croix
dragon
C'est ainsi qu'une grande armée chrétienne
se
mit
en
marche vers
la
cité
de
Clarence qu'assiégeaient
les Saines mécréants
plus nombreux les flots
de la
mer
Hérissée
de
ses lances
elle était semblable
un bois où les frênes auraient eu pour fleurs des pointes d'acier
La première bataille eut lieu devant Garlot
Ceux
de
Bretagne
qui avaient chevauché toute
la
nuit
arrivèrent près du camp des Saines un peu avant
le
jour
faisait une brume épaisse
et
bientôt une pluie menue
et
foisonnante commença
de
tomber
dont les païens furent mieux endormis encore
Ils
furent réveillés par
la
huée
des chevaliers qui chargeaient
travers
le
camp
rompant les cordes des tentes
en
abattant les mâts
renversant les pavillons
et
faisant un
tel
massacre qu'en peu
de
temps les chevaux baignèrent dans
le
sang jusqu'aux paturons
Les enseignes étaient
si
mouillées que les deux par-
tis
ne
se
reconnaissaient plus qu'à leurs cris