‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 55 sur 100 · LA GUERRE AUX SAINES · texte numérisé non relu

LA GUERRE AUX SAINES

Mais les Saines se rassemblèreut au son de leurs

cornes et de leurs buccines .

C'est alors que

Gauvain tua le roi Ysore et lui prit son cheval ,

le Gringalet , ainsi nommé pour sa grande bonté : car il pouvait courir dix lieues sans que son flanc battît ou qu'il eût un seul poil mouillé à la croupe ou à l'épaule . Mais le roi Ban , le roi Bohor , le roi Nantre , le roi des Cent Chevaliers , le duc Escan de Cambenic , et Artus en l'hon-

neur du baiser de Guenièvre , et tous les princes firent merveilles .

L'armée chrétienne victorieuse s'occupa de relever ses morts ses blessés qui gisaient parmi le champ comme brebis égorgés ; puis , à la nuit , bien restaurée , elle se remit en marche . Lorsqu'elle fut tout proche de Clarence , Merlin réunit en parlement les princes rebelles . Beaux seigneurs , leur dit-il, le jour est venu de tout perdre ou de tout gagner . Il vous est grand besoin de prier Dieu qu'il défende le royaume de Logres de honte et méchéance , car ,

si Notre Sire n'y met conseil , la terre de Bretagne sera aujourd'hui détruite . Et je vous fais savoir que la défaite ne pourra être évitée ,

si vous ne faites votre paix avec le roi Artus . Il y eut beaucoup de barons à qui ces paroles

ne plurent guère et il ne pouvait en être autrement ; néanmoins tous vinrent rendre hommage

au roi, l'un après l'autre , et reçurent de lui leurs fiefs .

MERLIN L'ENCHANTEUR

Le jour se levait , radieux . Dans l'herbe non fauchée , les chevaux entraient jusqu'au ventre ; les oiseaux chantaient matines dans les arbris-

seaux et réjouissaient le cœur des amoureux .

Les enseignes d'or, d'argent et de soie voletaient à la brise légère et le soleil faisait flamboyer l'acier des heaumes et des lances , et luire

les peintures des écus . Merlin allait en tête de l'armée sur un grand cheval de chasse. Lorsqu'il aperçut les Saines qui s'avançaient à la rencontre des chrétiens , il cria de toutes ses forces : - Ores paraîtra qui preux sera ! Seigneurs

chevaliers , l'heure est venue que l'on verra vos prouesses !

Aussitôt les barons lâchèrent le frein et bro-

chèrent des éperons ; et ainsi commença la fière et merveilleuse bataille .

Le froissement des lances , le heurt des écus ,

le martèlement des masses et des épées s'entendit jusqu'à la mer . Bientôt l'air fut rouge et troublé par la poussière , au point que les cieux noircirent le soleil perdit sa clarté .

Quand les chevaliers et les bourgeois qui défendaient la cité de Clarence aperçurent les enseignes blanches à croix vermeille ,

ils

pen-

sèrent que c'était un secours que Notre Sire leur envoyait

aussitôt

ils

sortirent

et

commencèrent de faire merveilles d'armes

Sur l'autre front des Saines

mesure que

l'heure

de

midi approchait

, la

force

de

Gauvain

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