‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 68 sur 100 · MORGANE · texte numérisé non relu

MORGANE

Lorsqu'ils ouïrent faire tous ces beaux vœux ,

les chevaliers et les dames qui étaient dans la salle furent très joyeux et satisfaits , jugeant que grand bien et honneur en adviendraient au royaume de Logres . Et c'est en ce temps que l'on commença de voir gravé çà et là sur les chemins , en lettres que personne ne pouvait effacer :

C'est le commencement des aventures par lesquelles le lion merveilleux sera pris . Un fils de

les

achèvera

chaste

et le

meilleur chevalier du monde

Le

soir

de

ce

beau jour

quand les chevaliers

et

les dames furent retournés

en

leurs logis

Guyomar

le

cousin de

la

reine

demeura

causer avec Morgane dans une pièce basse du palais

C'était

la

sœur du roi Artus

Elle était fort gaie

et

enjouée

et

chantait très plaisamment

d'ailleurs brune

de

visage

mais bien

en

chair

, ni

trop

grasse

ni

trop maigre

belles mains

des épaules parfaites

, la

peau plus douce que

la

soie

avenante

de

manières

longue

droite

de

corps

bref charmante

miracle

avec cela

, la

femme

MERLIN L'ENCHANTEUR

la plus chaude et la plus luxurieuse de toute la Grande Bretagne . Merlin lui avait enseigné l'astronomie et beaucoup d'autres choses , et elle s'y était appliquée de son mieux : de façon qu'elle

était devenue bonne clergesse et qu'on l'appela plus tard Morgane la fée à cause des merveilles qu'elle

fit .

Elle s'exprimait avec une douceur

une suavité délicieuses

et

elle était plus débonnaire

et

attrayante que personne

au

monde

lorsqu'elle était

de

sang

froid

Mais

quand elle

en

voulait

quelqu'un

était difficile

de

l'apai-

ser

et

on le

vit bien par

la

suite

car celle qu'elle

aurait dû

plus aimer

elle lui

fit

tant

de

peine

et

de honte que tout

le

monde en causa

et

ce

fut

reine Guenièvre

Le

conte

ne

parle pas de cela

cet endroit

car

en

sera devisé plus loin

et

ce

serait dommage

de

démembrer un

si

bon conte

faut

le

laisser aller son train

Quand Guyomar entra dans

chambre où Morgane était

, la

salua bien doucement

en

lui disant que Dieu lui donnât bon jour

, et

elle lui rendit son salut débonnairement

et

comme celle qui

a la

langue bien pendue

Alors

s'assit auprès d'elle

Elle dévidait du

fil

d'or dont elle voulait faire une coiffe pour

sa

sœur

, la

femme du roi Lot d'Orcanie

se mit

l'aider en lui

demandant

quel ouvrage elle travaillait

et à la

mettre

en

paroles sur diverses choses

était beau chevalier

gracieux

et

bien fait

riant

blond

de

cheveux

et

agréable de

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