GAUVAIN PUNI
de son haubert lui descendre au delà des mains
et les pans
lui
en
couvrir
les
chevilles
ses deux pieds n'atteignaient plus les étriers
et
son écu s'élevait maintenant au
dessus de sa tête
sorte qu'il comprit qu'il était devenu nain
en
fut
si
peiné qu'il s'en fallut
de
peu qu'il
ne
s'occît
A la
lisière
de la
forêt
s'approcha
d'un rocher sur lequel
descendit
et là
raccourcit ses étrivières
releva les manches
et
les pans
de
son haubert
et
aussi ses chausses
de
fer qu'il fixa par des courroies
bref
s'accommoda du mieux qu'il put
après quoi
reprit
route
bien angoissé
pour accomplir son serment
Mais vainement
demandait
tous des
nouvelles
ne
recueillait que moqueries
et
brocarts
et
personne
au
reste n'en savait
Quand
eut parcouru tout
le
royaume
de
Logres
et
qu'il vit que
le
terme de son retour approchait
se
désola plus que jamais
- Ha
pensait
-il,
que ferai
je ?
J'ai juré
monseigneur mon oncle de revenir après un
an
et
un jour
et
pourtant comment oserai
je
me montrer
sa
cour
ridicule
et
défiguré comme
je
suis
Mais
ne
me parjurerai point
MERLIN L'ENCHANTEUR
Rêvant ainsi , il était entré dans la forêt de Bro-
céliande . Tout à coup il s'entendit appeler par
une voix lointaine et il aperçut devant lui une sorte de vapeur qui, pour aérienne et translucide qu'elle fût , empêchait son cheval de passer . Comment ! disait -elle , ne me reconnaissez-
vous plus ? Bien vrai est le proverbe du sage :
qui laisse la cour, la cour l'oublie !
- - Ha , Merlin , est-ce vous ? s'écria messire
Gauvain . Je vous supplie de m'apparaître , et que je vous puisse voir .
- Las ! Gauvain , reprit la voix , vous ne me verrez plus jamais ; et après vous je ne parlerai plus qu'à ma mie . Le monde n'a pas de tour si forte que la prison d'air où elle m'a enserré . - Quoi ! beau doux ami , êtes -vous si bien
retenu que vous ne puissiez vous montrer à moi ? Vous , le plus sage des hommes !
- Non pas , mais le plus fol , repartit Merlin ,
car je savais bien ce qui m'adviendrait . Unjour que j'errais avec ma mie par la forêt , je m'endormis au pied d'un buisson d'épines , la tête dans son giron ; lors elle se leva bellement et
fit
un cercle de son voile autour du buisson
et