‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 77 sur 100 · LA PRISON D'AIR · texte numérisé non relu

LA PRISON D'AIR

quand je m'éveillai , je me trouvai sur un

lit

magnifique

dans

la

plus belle

et la

plus close chambre qui ait jamais été

Ha

dame

lui

dis

je ,

vous m'avez trompé

Maintenant que

deviendrai

je

si

vous

ne

restez céans avec moi

Beau doux ami

j'y serai souvent

et

vous me tiendrez dans vos bras

car vous

m'aurez désormais prête

votre plaisir

Et

n'est guère

de

jour

ni

de

nuit que

je

n'aie

sa

compagnie

en

effet

Et

je

suis plus fol que jamais

car

je

l'aime plus que ma liberté

- Beau sire

j'en

ai

grand chagrin

et le

roi mon oncle

qu'en pensera

-t-il

quand

le

saura

lui qui vous fait chercher par toutes terres

et

pays

le

lui faudra souffrir

car

ne me verra jamais plus

, ni

moi lui

, et

nul après vous

ne

me parlera

Or retournez

vous

en .

Saluez pour moi le roi et madame la reine et tous les barons

et

contez

leur mon aventure

Vous les trouverez

Carduel en Galles

Et ne vous désespérez pas de

ce

qui vous est advenu

Vous retrouverez

la

demoiselle qui vous

enchanté

fois n'oubliez pas de

la

saluer

car

ce

serait folie

Allez

Dieu

et

que Notre Sire garde

roi Artus

et le

royaume de Logres

et

vous

et

tous les barons

comme

la

meilleure gent qui oncques fut

Telles furent les dernières paroles

de

l'enchanteur

Et

le

nain Gauvain se remit en route

MERLIN L'ENCHANTEUR

vers Carduel , heureux ensemble et dolent , heu-

reux de ce que Merlin

lui

prédisait

fin

de

son aventure

dolent de

ce

que son ami fût ainsi perdu

toujours

Quand

traversa

forêt où

avait croisé

la

demoiselle qui lui avait jeté

ce

mauvais sort

craignit

si

fort

de la

rencontrer

de

ne

pas

la

saluer

qu'il ôta son heaume pour mieux voir

aperçut ainsi

travers les buissons deux chevaliers

pied qui avaient attaché les rênes de leurs chevaux

leurs lances fichées en terre

ils

tenaient sur

le

sol par les jambes

et

les mains une demoiselle qui

se

tordait pour leur échapper

faisaient semblant de

la

vouloir forcer

Aussitôt

avança

lance sur feutre

et

leur cria

Vous méritez

la

mort

de faire ainsi violence

une demoiselle sur

la

terre du roi Artus

Ne savez

vous qu'elles

sont assurées contre tous

Ha

Gauvain

s'écria

la

pucelle

main tenant

je

verrai s'il

assez de prouesse

en

vous pour que vous me délivriez

de

cette honte

ces mots

les chevaliers lacèrent leurs heaumes

GAUVAIN GUÉRI mort !-

Par Dieu , fol nain contrefait vous étes

Si ridicule chose que je sois , montez , car il me semblerait vil d'attaquer à cheval des hommes à pieds .

- Vous fiez - vous donc tant à votre force ?

- Je me

fie

tant

en

Dieu

que

je

m'assure que vous n'outragerez plus jamais

ni

dame

demoiselle en la terre du roi Artus

Et ,

ce

disant

se

jette sur eux

et

les combat

si

adroitement que bientôt l'un d'eux gît

déjà

courait sus

l'autre

lorsque

la

demoiselle lui cria

-- Messire Gauvain

n'en faites pas plus

Pour l'amour

de

vous

, je

m'arrêterai donc

répondit

-il,

et

que Dieu vous donne bonne aventure

vous

toutes les demoiselles du

monde

Mais

si

n'était votre prière

je

les

tuerais

car

ils

vous ont fait trop de honte

et à

moi trop

de

vilenie

en

m'appelant nain contrefait

ces mots

, la

demoiselle

les deux chevaliers

se

mirent

rire

, et

elle lui dit

vous

Qui vous guérirait

que lui donneriez-

Ha

si

c'était possible

moi

même premiè-

rement

et

ensuite tout

ce

que

je

peux avoir

au

monde

Je

ne

vous

en

demande pas tant

mais seulement que vous fassiez serment

de

toujours

aider et secourir les dames , et de les saluer quand vous les rencontrerez .

-Je le jure sur ma foi, de bon cœur .

- Elı bien, je prends votre serment ; mais

sachez que si vous y manquez jamais vous reviendrez en l'état où vous étes présentement . Et comme elle disait ces mots, messire Gau-

vain sentit ses membres s'allonger ,

les

courroies dont

avait lié son haubert

et

ses chausses rompirent

et

reprit

sa

forme première

Aussitôt

descendit

de

son destrier

et

s'agenouilla devant

demoiselle

en

lui disant qu'il serait son chevalier désormais

Dont elle

le

remercia en

le

rele-

vant par

la

main

Après quoi tous

séparèrent en se recommandant

Dieu

Messire Gauvain arriva

Carduel en même

temps que les chevaliers qui étaient partis en

sa

compagnie pour quêter Merlin

, et

qui revenaient comme lui après

un

an et

un

jour

Le roi les reçut

grande joie

, et

tous dirent leurs aventures dont les barons s'émerveillèrent beaucoup

Quand vint

le

tour

de

monseigneur Gauvain

le

roi fut très dolent d'apprendre l'enserrement

de

Merlin

mais joyeux

de

savoir comment son

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