‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 80 sur 100 · LE ROI QUI MOURUT DE DEUIL · texte numérisé non relu

LE ROI QUI MOURUT DE DEUIL

lui

qui avait tant aimé

la

gaieté

et

les joyeuses compagnies dans

sa

jeunesse

Le roi Ban réfléchissait ainsi

mit ses mains

devant ses yeux

et

un

si

grand chagrin

le

poignit

et

l'oppressa

que

pouvant verser des larmes

son cœur l'étouffa

et

qu'il

se

pâma

chut de son palefroi

si

durement que pour un peu

fût brisé

le

col

Le sang vermeil lui sortit de

la

bouche

du nez

et

des deux oreilles

Et quand

revint

lui après un long temps

regarda

le

ciel

et

prononça comme

put

- Ha

sire Dieu

merci

Je

vous rends grâce

doux Père

de

ce

qu'il vous plaît que

je

finisse indigent

et

besoigneux

car vous aussi

vous

avez souffert

la

pauvreté

Sire

vous qui

de

votre sang me vîntes racheter

perdez pas

en

moi l'âme que vous

mîtes

mais secourez

moi

car

je

vois

sais que ma fin est arrivée

Beau Sire

prenez pitié de ma femme Hélène

conseillez

la

déconseillée qui descend du haut lignage que vous avez établi

au

royaume aventureux

Et qu'il vous souvienne de mon chétif fils

Sire

qui est

si

jeune orphelin

car c'est vous seul qui pouvez soutenir ceux qui n'ont plus

de

pères

Ayant dit ces paroles

roi Ban battit

sa

coulpe

et

pleura ses péchés

Puis

arracha trois brins d'herbe au nom de

la

Sainte Trinité

Et son âme

se

serra

si

fort

en

songeant

sa

femme

et à

son fils

que ses yeux

se

troublèrent

MERLIN L'ENCHANTEUR

ses veines rompirent , et son cœur creva dans

sa poitrine . Il tomba mort , les mains en croix ,

le visage tourné vers le ciel et la tête dirigée vers l'Orient .

Cependant , la reine attendait son seigneur au pied de la colline: Elle avait pris son enfant dans ses bras et disait, en le baisant plus de cent fois :

- Certes , si tu peux vivre assez pour atteindre l'âge de vingt ans , tu seras le non -pareil , le plus

beau des beaux .

Que béni soit Dieu qui m'a donné une créature si belle !

A ce moment , elle vit le palefroi de son seigneur qui descendait la colline au trot , car la chute du roi l'avait effrayé .

Surprise , elle commanda à l'écuyer de le prendre et de se hâter de gravir la colline . Et bientôt elle entendit le grand cri que poussa le valet quand il trouva le roi gisant , tout froid mort . Troublée , elle posa son fils sur l'herbe et se mit à courir vers le sommet du coteau .

D'abord qu'elle vit le valet à genoux auprès

du corps de son seigneur , elle tomba pâmée , puis elle commença de gémir , regrettant les grandes prouesses et la débonnaireté du roi ,

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