‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 84 sur 100 · CLAUDAS DE LA TERRE DÉSERTE · texte numérisé non relu

CLAUDAS DE LA TERRE DÉSERTE

haute taille , le visage large et foncé ,

les

sourcils velus

les yeux noirs

et

écartés

nez court

retroussé

, la

barbe

et

les cheveux mi noirs

mi

roux

le

cou gros

bouche grande

les dents blanches

et

coupantes

d'ailleurs aussi bien fait des épaules

des pieds

et

de

tout

le

corps qu'on pouvait

le

souhaiter

se

levait

et

mangeait

de

grand matin

ne

jouait guère aux échecs

aux tables

et

autres jeux

de

prud'hommes

mais

aimait d'aller

la

chasse

et

de

voler

en

rivière

au

faucon plutôt qu'à l'autour

partait ainsi pour chasser deux

ou

trois jours

toujours

l'improviste

ne

chevauchait guère que sur

de

grands chevaux

de

bataille

même

en

voyage

ou tout

au

moins faisait

mener un destrier auprès

de

lui

aussi bien

en

paix qu'en guerre

Son caractère était ensemble bon

et

mauvais

Ce qu'il préférait

c'était un prud'homme qui fût pauvre

jamais

ne

crut qu'un riche pût être prud'homme

détestait ceux qui avaient plus

de

puissance que lui

et

n'aimait que ses inférieurs

allait volon-

tiers

l'église

mais

ne

faisait aux indigents que de petites aumônes

Et

ne

fut jamais amoureux qu'une fois dans

sa

vie

- C'est

disait

-il,

que

le

cœur d'un chevalier qui aime désire sans cesse

de

surpasser tout

le

monde

mais nul corps

pour valeureux qu'il soit

ne

pourrait accomplir sans mourir les rêves du cœur

Certes

, si la

force du corps était ca-

MERLIN L'ENCHANTEUR

pable de réaliser ce que souhaite le cœur , j'ai-

merais d'amour toute ma vie, et je passerais en prouesse tous prud'hommes . Car je sais bien que nul ne peut être tout à fait preux s'il n'aime très loyalement , et je me connais assez pour savoir que j'aimerais plus loyalement que tous les amoureux .

Ainsi parlait Claudas dans le privé , et il disait vrai car , au temps de ses amours , il avait été loué en maintes terres pour sa chevalerie . Mais le conte laisse

de

parler

de

lui

et

récite

ce

qui advint du petit Lancelot

La demoiselle qui l'avait emporté était fée

En

ce

temps

là,

on

appelait fées toutes

les

femmes qui s'entendaient aux enchantements

en

avait plus

en

Bretagne qu'en toute autre terre

Elles savaient

la

vertu des paroles

des pierres

et

des herbes

par

là

elles

se

maintenaient

en

jeunesse

beauté

et

richesse

leur volonté

tout cela fut établi

au

temps

de

Merlin

, le

prophète aux Anglais

qui eut toute science

, et

qui fut tant honoré

et

redouté des Bretons qu'ils l'appelaient leur saint prophète

et la

menue gent disait même dieu

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