CLAUDAS DE LA TERRE DÉSERTE
haute taille , le visage large et foncé ,
les
sourcils velus
les yeux noirs
et
écartés
nez court
retroussé
, la
barbe
et
les cheveux mi noirs
mi
roux
le
cou gros
bouche grande
les dents blanches
et
coupantes
d'ailleurs aussi bien fait des épaules
des pieds
et
de
tout
le
corps qu'on pouvait
le
souhaiter
se
levait
et
mangeait
de
grand matin
ne
jouait guère aux échecs
aux tables
et
autres jeux
de
prud'hommes
mais
aimait d'aller
la
chasse
et
de
voler
en
rivière
au
faucon plutôt qu'à l'autour
partait ainsi pour chasser deux
ou
trois jours
toujours
l'improviste
ne
chevauchait guère que sur
de
grands chevaux
de
bataille
même
en
voyage
ou tout
au
moins faisait
mener un destrier auprès
de
lui
aussi bien
en
paix qu'en guerre
Son caractère était ensemble bon
et
mauvais
Ce qu'il préférait
c'était un prud'homme qui fût pauvre
jamais
ne
crut qu'un riche pût être prud'homme
détestait ceux qui avaient plus
de
puissance que lui
et
n'aimait que ses inférieurs
allait volon-
tiers
l'église
mais
ne
faisait aux indigents que de petites aumônes
Et
ne
fut jamais amoureux qu'une fois dans
sa
vie
- C'est
disait
-il,
que
le
cœur d'un chevalier qui aime désire sans cesse
de
surpasser tout
le
monde
mais nul corps
pour valeureux qu'il soit
ne
pourrait accomplir sans mourir les rêves du cœur
Certes
, si la
force du corps était ca-
MERLIN L'ENCHANTEUR
pable de réaliser ce que souhaite le cœur , j'ai-
merais d'amour toute ma vie, et je passerais en prouesse tous prud'hommes . Car je sais bien que nul ne peut être tout à fait preux s'il n'aime très loyalement , et je me connais assez pour savoir que j'aimerais plus loyalement que tous les amoureux .
Ainsi parlait Claudas dans le privé , et il disait vrai car , au temps de ses amours , il avait été loué en maintes terres pour sa chevalerie . Mais le conte laisse
de
parler
de
lui
et
récite
ce
qui advint du petit Lancelot
La demoiselle qui l'avait emporté était fée
En
ce
temps
là,
on
appelait fées toutes
les
femmes qui s'entendaient aux enchantements
en
avait plus
en
Bretagne qu'en toute autre terre
Elles savaient
la
vertu des paroles
des pierres
et
des herbes
par
là
elles
se
maintenaient
en
jeunesse
beauté
et
richesse
leur volonté
tout cela fut établi
au
temps
de
Merlin
, le
prophète aux Anglais
qui eut toute science
, et
qui fut tant honoré
et
redouté des Bretons qu'ils l'appelaient leur saint prophète
et la
menue gent disait même dieu