‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 91 sur 100 · COEUR SANS FREIN · texte numérisé non relu

COEUR SANS FREIN

était sur l'œil et fort bien disant .

Pourquoi pleurez -vous ?

Laissez , beau sire doux, répondit Pharien , car vous ne gagneriez rien à le savoir , sinon d'ètre dolent et irrité .

- Par la foi que je dois à l'âme du roi Bohor , mon père , je ne mangerai plus devant que je

sache pourquoi vous avez pleuré , et par la foi que vous me devez , je vous conjure de me le dire !- Sire, je pleure parce qu'il me souvient de la hautesse où votre lignage a été durant longtemps .

Comment ne serais -je triste , moi qui

vous vois en prison quand un autre tient sa cour où vous devriez avoir la vôtre et porte couronne en cette ville qui devrait étre votre principale cité?

Lionel avait reçu son nom parce qu'il portait

sur sa poitrine une tache vermeille en forme de lion . C'était le cœur d'enfant le plus ouvert qu'on

ait

jamais connu

plus tard

, le

jour même que

le

roi Artus

le fit

chevalier

Galehaut

, le

fils

de la

belle géante

sire des Étranges Iles

l'appela

cœur sans frein

Quand

entendit son maître parler ainsi

l'enfant repoussa

si

rudement

table qu'il

la

renversa

et

courut tout au haut de

la

maison où

s'assit dans l'embra-

sure d'une fenêtre pour réfléchir

Pharien vint

le

rejoindre

là

au

bout d'un moment

MERLIN L'ENCHANTEUR - Sire , qu'y a-t-il ?

Venez souper .

Ou ,

au moins , faites -en semblant pour l'amour de mon seigneur votre frère , qui sans vous ne mangerait pas .

- Maître , ne suis -je votre sire , comme à Bohor mon frère, et à Lambègue ? Je vous commande à tous d'aller manger . Pour moi je

ne toucherai plus ni pain ni vin avant d'avoir accompli un dessein que j'ai formé et que je

ne puis dire .

En nom Dieu, dit Pharien , je quitterai

donc votre service , car puisque vous me cachez votre pensée , c'est que vous avez méfiance de moi .

Et il

fit

mine d'être courroucé

Mais Lionel

qui l'aimait tendrement

se

mit

pleurer

- Ha

maître

dit

-il,

ne partez point

J'ai

dessein

de

mander demain

roi Claudas qu'il

nous vienne voir

alors

je

me vengerai de lui

vous

Mais

quand vous l'aurez occis

que ferez-

Ceux de

ce

pays

qui sont tous mes hommes

me protégeront selon leur pouvoir

d'ailleurs

Dieu qui conseille les déconseillés

pourvoira

Et

si je

meurs pour conquérir mon droit

, la

mort sera bienvenue

car mieux vaut périr avec honneur que vivre honni

et

déshérité en ce monde

- Beau sire

dit Pharien

on ne peut entreprendre une telle chose

à la

légère

Attendez

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