‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 92 sur 100 · LIONEL · texte numérisé non relu

LIONEL

que Dieu vous ait donné plus de force que vous n'en avez encore : quand le moment de vous venger sera venu , alors je vous aiderai de tout mon pouvoir , car sachez que je n'aimerais pas

mon propre enfant plus que vous .

Il l'exhorta longuement de la sorte , et Lionel finit par promettre d'attendre encore , mais pourvu qu'il ne vît point Claudas . Ainsi passè-

rent -

ils la

nuit

Et

ni

ce

soir

là , ni le

jour suivant

l'enfant

ne

voulut rompre

le

jeune

s'étendit sur un

lit ,

disant qu'il était souffrant

et

Pharien

en

pleurait

pitié

Bohor n'eût jamais

consenti

manger

si

son frère ne

le

lui eût commandé

mais son maître Lambègue

neveu

de

Pharien

ne

lui faisait rien prendre qu'à grand peine

Et

c'est

ce

moment que

le

sénéchal

de

Claudas vint

grand honneur chercher les deux enfants

S'agenouillant devant Lionel

dit son message

et

l'enfant feignit d'en être joyeux

priant

le

sénéchal d'attendre un moment

passa dans

la

chambre voisine

où

commanda

son chambellan

lui apporter

un

grand couteau qu'on lui avait donné

Mais

au

moment qu'il

le

cachait sous

sa

robe

Pharien entra pour voir

qu'il faisait

et le

lui arracha des mains

Puisqu'il

en

est ainsi

, je

ne

mettrai pas les pieds dehors

dit l'enfant

, je

vois bien que

vous me détestez

car vous m'ôtez

ce

qui faisait mon bonheur

MERLIN L'ENCHANTEUR - Mais tout le monde s'apercevra que vous portez ce couteau ! Laissez -le moi prendre : je

le cacherai mieux que vous .

- Jurez donc que vous me le baillerez à l'instant que je vous le demanderai .

- Voire , si vous me jurez que vous n'en ferez rien qui me chagrine .

blàmé .--

Je ne ferai nulle chose dont je puisse être

Ce n'est pas ce que je dis .

Beau maitre , gardez donc le couteau pour

vous -meme , car vous pourriez en avoir besoin .

Les deux enfants montés sur leurs palefrois ,

leurs maîtres en croupe , s'en furent au palais en grand cortège .

Le menu peuple sortait à leur passage pour les voir et priait pour le salut de ses droits seigneurs . Au palais , ne manqua point de gens pour les aider à descendre . Et quand

ils

entrèrent dans

la

salle

tous deux beaux

et

tels que doivent être des gentilshommes

de

haut parage

tête haute

le

regard fier

et la

main dans

la

main

beaucoup

de

chevaliers du royaume

Gannes

qui avaient appartenu

leur

Page 1