LIONEL
que Dieu vous ait donné plus de force que vous n'en avez encore : quand le moment de vous venger sera venu , alors je vous aiderai de tout mon pouvoir , car sachez que je n'aimerais pas
mon propre enfant plus que vous .
Il l'exhorta longuement de la sorte , et Lionel finit par promettre d'attendre encore , mais pourvu qu'il ne vît point Claudas . Ainsi passè-
rent -
ils la
nuit
Et
ni
ce
soir
là , ni le
jour suivant
l'enfant
ne
voulut rompre
le
jeune
s'étendit sur un
lit ,
disant qu'il était souffrant
et
Pharien
en
pleurait
pitié
Bohor n'eût jamais
consenti
manger
si
son frère ne
le
lui eût commandé
mais son maître Lambègue
neveu
de
Pharien
ne
lui faisait rien prendre qu'à grand peine
Et
c'est
ce
moment que
le
sénéchal
de
Claudas vint
grand honneur chercher les deux enfants
S'agenouillant devant Lionel
dit son message
et
l'enfant feignit d'en être joyeux
priant
le
sénéchal d'attendre un moment
passa dans
la
chambre voisine
où
commanda
son chambellan
lui apporter
un
grand couteau qu'on lui avait donné
Mais
au
moment qu'il
le
cachait sous
sa
robe
Pharien entra pour voir
qu'il faisait
et le
lui arracha des mains
Puisqu'il
en
est ainsi
, je
ne
mettrai pas les pieds dehors
dit l'enfant
, je
vois bien que
vous me détestez
car vous m'ôtez
ce
qui faisait mon bonheur
MERLIN L'ENCHANTEUR - Mais tout le monde s'apercevra que vous portez ce couteau ! Laissez -le moi prendre : je
le cacherai mieux que vous .
- Jurez donc que vous me le baillerez à l'instant que je vous le demanderai .
- Voire , si vous me jurez que vous n'en ferez rien qui me chagrine .
blàmé .--
Je ne ferai nulle chose dont je puisse être
Ce n'est pas ce que je dis .
Beau maitre , gardez donc le couteau pour
vous -meme , car vous pourriez en avoir besoin .
Les deux enfants montés sur leurs palefrois ,
leurs maîtres en croupe , s'en furent au palais en grand cortège .
Le menu peuple sortait à leur passage pour les voir et priait pour le salut de ses droits seigneurs . Au palais , ne manqua point de gens pour les aider à descendre . Et quand
ils
entrèrent dans
la
salle
tous deux beaux
et
tels que doivent être des gentilshommes
de
haut parage
tête haute
le
regard fier
et la
main dans
la
main
beaucoup
de
chevaliers du royaume
Gannes
qui avaient appartenu
leur