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LA COUPE DE CLAUDAS

père, ne purent s'empêcher de pleurer de pitié. Le roi était assis à son haut manger , sur un riche fauteuil , dans la robe de son sacre ; de-

vant lui, sur un support d'argent , à hauteur d'homme , sa couronne et son sceptre d'or et de pierreries ; sur un autre , une épée droite, tranchante et claire. Assurément il eût paru prud'homme et fier à merveille , s'il n'eût eu le visage cruel et félon .

fit

bel accueil aux fils du roi Bohor

appelant Lionel dont

admirait fort les manières

et

la

contenance

lui tendit

sa

coupe

en

l'invitant

boire

Mais l'enfant

ne le

voyait même pas

n'avait d'yeux que pour l'épée luisante

Alors

la

pucelle Saraide s'avança

et,

lui posant les mains sur les joues

elle lui tourna doucement

la

tête vers

la

coupe

puis après l'avoir couronné

ainsi que son frère

d'un chapel

de

fleurs nouvelles

et

odorantes

elle leur passa

au

cou

chacun

un petit fermail d'or

et

de pierreries

- Buvez maintenant

beau fils

de

roi

dit

elle

Lionel

- Demoiselle

, je

boirai

répondit

-il,

mais un

autre paiera

le

vin

Sur

ce ,

prend

la

coupe

-Brise

la

Jette

la à

terre

lui crie son frère

Mais

la

hausse

deux mains

et

en

frappe

Claudas

de

toute

sa

force

en

plein visage

, si

rudement qu'il lui ouvre

le

front

puis

renver

MERLIN L'ENCHANTEUR

sant le sceptre et l'épée , il saisit la couronne , la jette sur le pavé , l'écrase du talon , en fait voler les pierres .

Voilà tout le palais en rumeur . Dorin s'élance au secours de son père gisant , tout couvert de vin et de sang; les barons se lèvent , les uns pour se jeter sur les enfants , les autres pour

les

défendre

Lionel

ramassé l'épée

Bohor

le

sceptre

et

tous deux s'en escriment

deux mains

de

toute leur force

mais

n'auraient pu durer contre tant

de

gens

, si la

vertu des fleurs que

la

demoiselle leur avait données n'eût empêché qu'aucune arme

ne

les pût blesser

au

sang

et

celle des fermails

que nul coup

ne

leur pût rompre les membres

Tous deux gagnaient

vers

la

porte sous

la

conduite

Saraide

lorsque Dorin

les voyant fuir

se

précipite sur eux

mais Lionel hausse l'épée

lui tranche

le

poing gauche qu'il

levé pour

se

protéger

et

lui coupe

la

joue

et le

col

moitié

Bohor

en

même temps lui ouvre

la

tête d'un coup

de

sceptre

et

Dorin tombe mort

cette vue

, le

roi

qui avait grand courage

saisit l'épée d'un

de

ses chevaliers

entoure son bras gauche

de

son manteau

et

court sus aux enfants sans

se

soucier d'exposer

sa

propre vie entre tant

gens dont beaucoup

le

haïssaient

A le

voir venir ainsi

terrible

Saraide demeure un instant

étonnée

mais elle

se

ressaisit juste

temps pour jeter un enchantement qui donne aux

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