VESPASIANUS
tu verras toujours cette clarté et tu seras toujours en ma compagnie.
» Les apôtres et ceux qui firent les Écriture ne disent rien de ces paroles ni de la prison de Joseph d'Arimathie parce qu'ils en avaient seulement entendu parler et qu'ils ne voulurent rien mettre en écrit qu'ils n'eussent vu et ouï. Mais tout cela est écrit au grand livre du Graal,
w Or, dans le temps que Jésus-Christ fut crucifié, Tiherius Gesar tenait l'empire de Rome, et il le tint bien encore dix ans après. Ensuite vint Gains, son fils, qui vécut sept ans. Puis Glaudius, qui régna quatorze ans; puis Titus. A la troisième année du règne de Titus, son fils Vespasianus tomba malade d'une lèpre si puante que ceux mêmes qui l'aimaient le plus n'en pouvaient supporter l'odeur, et qu'on le mit en une chambre de pierre où on lui donnait à manger par une petite fenêtre, au bout d'une pelle. Son père en avait grand deuil et promit qu'il accorderait à celui qui guérirait Vespasianus tout ce qu'il souhaiterait.
u Ainsi vint à lui un chevalier de Capharnaiim qui avait été en Judée au temps où Notre
Sire était encore de ce monde. Et il dit à l'empereur :
« — Sire, moi aussi j'ai été malade en ma jeunesse, mais il y avait alors, outre-mer, en la terre de Judée, un homme que l'on appelait le bon prophète, et qui faisait marcher les infirmes et rallumait les yeux des aveugles.
« Quand l'empereur entendit cela, il envoya des lettres scellées au bailli de Judée, qui était alors Félix, et celui-ci fit crier par tout le pays que, si quelqu'un avait un objet que Jésus eût touché, il l'apportât. Une vieille femme, nommée Vérone, se présenta devant lui :
« — Sire, dit-elle, le jour que l'on menait le saint prophète au supplice, comme je passais près de lui portant une pièce de toile, il me pria d'essuyer son visage qui dégouttait de sueur, et je lui enveloppai le chef de ma toile et le lui séchai. Et quand, plus tard, je la regardai, je vis que sa face y était restée portraite.
« Ce disant, elle lui remit le linge, et Félix aperçut que le visage de Jésus- Christ s'y voyait aussi nettement que s'il y eût été nouvellement peint.
« — Grand merci, douce dame, dit-il à la vieille .
« Et il l'envoya à Rome sans tarder, où l'empereur la reçut très bien. Lorsque Titus eut la toile entre les mains, il s'inclina trois fois, malgré lui, dont ceux qui étaient là s'émerveillèrent ;