LA FEMME DE SALOMON
u mon mieux : je n'ai pas trouvé une bonne a femme. «
« Le ioii* même qu'il eut écrit cela, il entendit une voix qui lui disait :
M -— Saiomon, n'aie pas ainsi les femmes en « mépris . C'est notre première mère qui appoitâ a le chagrin à l'homme; mais c'est une autre u mère qui lui procurera une joie plus grande u que n'a été son chagriia : ainsi une femme « amendera ce qu'une femme a fait. Et c'eàt de <( ton lignage qu'elle sortira. »
« Saiomon se mit à réfléchir et à scruter les divins secrets et les Écritures, de façon qu'il devina la venue de k glorieuse Vierge qui enfanta le Fils de Dieu. Mais, une nuit, la Voix se remit à parler et elle lui dit :
«-^ Cette débonnaire et bienheureuse Vierge u ne sera pas la fin de ton lignage. Le dernier « qui en naîtra sera un chevalier qui passera en * bonté et valeur totia ceux qui l'auront précédé « et qui le suivront, autant que le soleil pasâe u la lune et que la prouesse du chevalier Josué »< passe à cette heure celle de toui les gens « d'armes. >♦
« Saiomon fut très joyeux de cette nouvelle ; néanmoins il regretta fort qu'il ne pût lui être donné de voir Ce chevalier ait preux qui devait Sortir de sa lignée. Au moins, il eût aimé de lui faire connaître qu'il avait deviné sa venue , mais il eut beau chercher^ il ne trouva aucun moyeu
pour cela. Alors il songea que la femme qu'il aimait était beaucoup plus subtile et rusée qu'aucun homme et il se dit que, si quelqu'un pouvait le conseiller, c'était elle : si bien qu'il lui découvrit toute sa pensée. Elle réfléchit quelque temps, puis elle dit :
« — Sire, j'ai trouvé comment le dernier cheu valier de votre lignage pourra apprendre que « vous avez prévu sa venue. Mandez tous les « charpentiers de votre royaume et ordonnez- « leur de construire une nef d'un bois qui ne « puisse pourrir avant quatre mille ans. Puis « vous prendrez dans le temple que vous avez « fait élever en l'honneur de Jésus Christ l'épée « de votre père, le roi David. Vous en sépa- « rerez la lame, qui est la plus tranchante et la « mieux forgée qui ait jamais été, et, grâce à « votre science de la force des herbes et de la « vertu des gemmes, vous munirez cette lame « d'un fourreau sans pair, d'une poignée non « pareille et d'un pommeau fait de pierreries « diverses, mais si subtilement composé qu'il « paraisse d'une seule gemme. Je mettrai à « cette épée des renges de chanvre, si faibles « qu'elles ne pourront que rompre sous « son poids. Mais, s'il plaît à Dieu, une a demoiselle les remplacera par d'autres qui « seront belles et riches au point que ce sera « merveille de les voir. De la sorte, cette pucelle « réparera ce que j'aurai mal atourné en cette