V. 17890. Là n'osast pas estre vilains
Que laidement ne fust botez (chassé).
17895. One n'i ot se frans homes non.
17898. Einz n*i ot celui qui n'éust
Robe au mains de vair ou de gris.
Les animaux vont à cheval et sont armés de lances, de hauberts, etc.; ils s'ébattent entre eux, parlent de pairs, pers, de félonie, d'attaques contre la citadelle de Renart. Il est question de rétat des fortifications de ce manoir, de Tescorte de cent chevaliers, du sénéchal de Renart, etc. Quant au titre de pers, on remarquera que nulle part il ne se trouve une distinction bien nette et bien satisfaisante entre les animaux nobles qualifiés de pairs du roi lion, et ceux qui ne sont regardés que comme roturiers, inférieui*s, ignobles, et auxquels s'appliquerait.
RKHART^ 2 ti
par exemple, Tépithète de garçon employée par Tybert au vers 18066.
Dans Tancien poëme allemand de Reinhart, le roi souffre à la tête de ce qu'une fourrai lui est entrée dans Toreille, et il meurt d'un poison que Renart lui administre en faisant le médecin. Dans la branche présente de Renart, le lion se plaint également d'un mal à la tête, mais le renard le guérit à l'aide d'une potion appelée, dans la langue du poète, une poison.
y. 19360. SeroBt-ce donqaes les mérites Que je aurai de mon serrise, Que je vos ai la poison quise Qui bone est contre rostre mal ?
19390. Yez la poison d en présent;
Jd* aportai por ¥0S garir.
19696. Et dl de pdrre ne se tarde, Qar la poison le destralngnoit Qui lot le cors li eschaufoit
Poison est évidemment employé dans le sens de potion, médecine, ou peut-être de boisson, de breuvage. N'y aurait-il pas quelque raison de soupçonner que la relation d'un empoisonnement du lion, laquelle ne se trouve que dans le seul poëme de Reinhart, ait pu naître simplement d'une confusion des mots de poison, po-
212 BfiNART.
tion et boisson dans les plus anciennes traditions ou compositions sur ce sujet ^ P
Le tableau offert en cette branche nous présente encore une fois les* animaux assemblés autour du lion en cour plénière, telle que nous rayons déjà vue en d'autres branches, telle que nous la connaissons dans le Remardus et dans le Reineke. L'idée principale est donc analogue; mais dans les tiH)i$ versions latine, allemande et française, le sujet est traité d'une manière toutà-fait différente quant à Texécution, aux personnages et aux détails.
Les divers manuscrits fournissent peu de variantes importantes.
Cest la branche corne Renart parfist le c. . .* (V. 19769-20490; 722 v.)
Après le petit préambule de rigueur, l'auteur entre en matière, eu supposant familiers aux lecteurs ou auditeurs les quatre personnages du
' Dans te poème du Couronnement de Renart auœi le lion meurt et le renard en est la cause ; mais là il n^est question ni de maladie précédente ni de remède physique.
' Gomme Renart acheva le c.
drame et leurs noms propres. Le début est curieux et caractéristique :
V. 19785. Ce fu li voirs que Ghanteclers Et Ysengrins et Brichemers Et Dant Renart, si con moi sanble, Firent un grant essart ensanble *.
Brichemers as cornes agoes En a les coiches ' esméues ; Ghanteclers grata les racines Et Ysengrîn as forz eschines Elt as espaules qu'il ot fors, En a gité les coiches hors.
Reoart qui tôt le mont déçoit, Qui de mal faire ne recroit, Esta selonc, si les semont :
Or tost, séignor, faites grant mont, J'esgarderai que nus ne veingne 19800. Qui baston ne espée taingne Dont il nos puisse faire mal.
Lors garda amont et aval, Bien sot son cul ariere traire.
Que il n'ot cure d'oTre faire.
Voilà donc les trois animaux qui préparent laborieusement le champ, tandis que le renard les exhorte seulement, se donne Tair de sm*-
* Défrichèrent ensemble un grand champ.
' Broussailles, bruyères. Le manuscrit 7607 porte le mot CQUthu (souches?), et le manuscrit 195 C, rdches.
veiller le travail et fait le seigneur oisif. Le champ étant labouré, le coq est d'avis d'y semer du chanvre, le cerf y veut de Torge, et le loup du froment ; Renart daigne approuver Tavis d'Ysengrin. Le blé ayant grandi, un jour le loup, bien repu, va s*y reposer; le cerf vient Ty surprendre, mais il se laisse persuader d'entrer également au milieu du blé et de s'y repaître; le coq arrive et finit par agir de la mémje façon. Le renard les aperçoit et se fôche ; mais sur les menaces d'Ysengrin il se contente d'annoncer qu'il va se plaindre au roi et d'y mander les. autres :