‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparés d'après les textes manuscrits les plus anciens, les publications latines, flamanades, allemandes et françaises; précédes de renseignements généraux et accompagnés de notes et d'éclaircissements philologiques et littéraires;Chapitre 61 sur 84 · V. 3159 En Alemaingne · texte numérisé non relu

V. 3159 En Alemaingne

Vint à moult grant compaigne.

Car jà estoit de si grant pris Renardie, que n'ert empris Nus bom qui ne l'avoit aprîse.

Pour çou disoit que moult pau prise L'oume qui don Renart ne seit Ne doit-on tenir à seneit ; Home qui Renart ne conoist

ABNARt. 323

Jà ^ nul jour as chieos ne voist :

Car s'il i va et adconoisBe, Jou me dout moût que nele coisse, Par coi il tost l'avera mors Anchois qu'il jà il l'aie amors.

L'auteur veut en revenir à Malpertuia avec Renaît à la fin de son roman. Â Toccasion du souvaoïir des treize ans que le coucou a accordés à Renart, il fait observer que celui-ci a c<mdmt son entreprise à fin, et qu'en général Renart ne commence jamais rien sans l'achever, comme le font trop souvent les autres.

Renart revient à Gtdmomaisml et y est reçu par les grands, qu^il accueille, et par les pauvres, qu'il rebute :

V. 3223. Quant tout le paiis eut chierchiè, Vers son chastiel s'est adrechié Gnimomaisnil, dont h courone Movoît que ci eodroh vos nome.

Quant il là fint grant gent i ot Qui l'atendMent, qui ains pot A lui parler pour besoingnier.

Ce furent Duc, Conte et Princhier, Bourgois et dames et riche home.

Se jou dire en veil la soume Onques povres, foibles ne viens N'i peut parler, fors envieus; Orguis, mesdis et iaasetés

L'avoient si pris de tous lés C*à poines poToit-ii mcrgier.

L'orgueil, la médisance et la fausseté se sont donc entièrement emparés de Renart. Les pauvres raisonnent et moralisent longuement (y. 9244-3323) sur largent, qu'ils n'ont pas, que la cour conyDite, et qui peut tout faire, excepté ressusciter un mort ; sur la mort qui leur a enleré leur bon seigneur pour leur donner un roi indigne tel que Renart, et sur la bonne renommée, qui vaut mieux que la vie d un méchant homme.

Dans la péroraison (v. 3324), l'auteur oppose encore à ce méchant Renart l'honorable et digne seigneur comte Guillaume. Il ne s'étonne pas si le marquis de Namur, probablement son frère putné, partage ses sentiments ; cependant il ne peut garantir qu'il ne se soit jamais laissé influencer par renardte, qui l'a entouré. C'est parce que Guillaume aété homme d'honneur quel'auteur lui a dédié son prologue et toute la narration de Renart. Renart est allé partout, il est connu par

toute la terre, et partout on a besoin de renar-

die :

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