‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparés d'après les textes manuscrits les plus anciens, les publications latines, flamanades, allemandes et françaises; précédes de renseignements généraux et accompagnés de notes et d'éclaircissements philologiques et littéraires;Chapitre 69 sur 84 · V. 2977. Au jor d*ui a Renars · texte numérisé non relu

V. 2977. Au jor d*ui a Renars

De ce inonde bien lesdeus pars Des laies gens et don Glergié, etc.

V. 2997. Monlt devons ce Signeur « amer Et poor 8*amonr Renart bouter En sus de nous. Dex le nos doinst, Et tous nos peciés nos pardoinst.

V. 302&. Aine mais à Gort n*ot tant de gent. Car quatre lieuwes environ Ne véist-on se biestes non*.

Renart est comblé des plus grands honneurs.

Einsi corn Belins li moutons vint devant le Roi et aporta son aignel mort, et si vint Beline ta berbis et Chantecler le coc et Pelez li ras et Chenue la soriz. (Y. 8055-3166; 112 v.)

Au beau milieu de la fête, Belins, Chantecler et Pelez viennent se plaindre qu'Ysengrin , Hubert et Mitons, fils de Tibert, ont dévoré leurs petits ^. Noble s'indigne, Renart l'excite, Mitons et Hubert sont pendus , Ysengrin n'est sauvé

* Jésus.

* A quatre lieues à la ronde on ne vit qu^animaux. ' L'agneau est appelé Glermete.

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que parce que Tiesselins vient dire que l'agneau n*a pas été tué par Ysengrin , mais par son fils Piuçars, lequel par conséquent est pendu.

Renart se met cependant en embuscade, dévore le fils ^ de Chantecler, fait poursuivre et maltraiter Ysengrin et Hersent par deux mâtins» rencontre Tibert dans Taffliction, le flatte et le console tout en songeant h lui jouer quelque tour.

Einssi corn Renart s'en fuit au bois à tout un oison cuit, et Tyebers li chaz remest en la maison, si i fu laidement batu. (V. 8167-3298 ; 132 v.)

Renart et Tibert vont au butin ensemble. Renart sent le rôt, ils entrent dans un garde-manger, dépense; tandis que Tibert s'amuse à vider un pot de crème, Renart emporte une oie rôtie, laisse retomber la poite, et s'en va au bois manger le rôt. Tibert miaule, attire les gens qui sont au jardin, garding, reçoit des coups, s'approche trop du brasier, va communiquer le feu de son poil à la paille et incendie la maison. Sauvé à grand' peine, il arrive auprès de Renart, qui s'est tranquillement endormi ; Tibert le gronde et menace de se plaindrç à la cour; Renart

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se moque de lui. Un abbé de Clteaux vient à passer avec six moines et deux convers,

y. 3276. Lors atant ont de lonc coisi Venir de Gistiaus Dant Abbé Sour un grant palefroi monté :

Od lui des moines sis au plus.

Et avoec deus convers barbus.

L'un des convers porte un héron attaché derrière lui sur sou cheval. Renart et Tibert prétendent que c'est pécher de lapart des religieux que de manger de la viande,et projettent de s'en emparer.

Einsi conme Renart se coucha où chemin conme mortf et un convers de Citiaux qui avoit un hairon troussé darriers lui descendi et prist Renart et le lia avec le hairon. (V. 3299-3366; 68 V.)

Renart s'étend comme mort près du chemin; le convers le prend et le lie au héron de telle manière que l'étreinte et le trot du cheval le font presque mourir. Passant devant un arbre où Tibert se tient , Renart crie au secours ; Tibert saute sur la croupe du cheval , qui s'emporte; convers, chat et héron tombent , et Tibert emporte le héron sur un arbre. Enfin la courroie se rompt, Renart tombe aussi, arrive sous l'arbre

OÙ Tibert a grimpé , et le salue en flamand (v. 3366 : En flament haut le salua).

Ce n'est ici qu'une variante de la branche seconde et d'autres du premier Renart ; aussi, comme dans ces branches, Renart est désigné par les noms de Goupil et Goupius. En rentrant tout-à-fait dans Tapologue, cette branche sort donc du caractère général du poëme de Renartle-Nouvel.

Ensi conme Tibers li chaz est fnontez seur un arbre à tout le hairon^ et Renart est par desous^ si parole à lui. { V. 3367-3390; 24 v.)

Renart et Tibert se saluent en flamand.

T. 3367. Goade jouk hiere goodendasL Tibiers li respont en soumat, Goude kenape wîllecoDine ' , ete.

Renart demande la moitié du héron, maïs Tibert refuse, attendu que Renart ne lui a rien donné de Toie rôtie. Ainsi même ces petites branches épisodiques sont parfaitement liées Tune à Tautre et font un seul ensemble.

' Bon jeune homme, bon jour. — Bon garçon, soyez le bienvenu.

Einsi conme uns Bouchers qui menoit un buef et un ior et deus chiens, avisa Renari^ si le fist pillier au chiens qui moutt le domagerent. (V. 3391-3464; 74 v.)

Un boucher qui passe lance ses deux chiens sur Renart, qui n'arrive qu'avec beaucoup de peine à Malpertuis, où tout le monde le reçoit bien, excepté sa femme, encore jalouse de l'aventure avec Harouge. Renart la bat, lui coupe les cheveux , et la chasse ; elle va porter plainte au roi, et divulguer tout le scandale. Grand vacarme; Hardis li lupars est furieux, ce n'est qu'à grand' peine qu'il consent à accepter Texcuse et l'amende du roi, à condition'que celui-ci l'aidera à se venger de Renart, et qu'il ne recommencera pas son commerce avec Harouge.

Ainssi conme Ysengrin li (eus et li Quos et Tybers li chaz se vindrent plaindre au Roi. (V. 3466-3546; 81 v.)

Au beau milieu de la discussion arrivent le loup, le coq et le chat; ils viennent se plaindre de nouveau de Renart. Noble menace aussitôt de le faire pendre, fait crier son ban, rassemble

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une nombreuse armée (v. 3493, ducs, contes, princes et casés, bourgois, citoiiens et fievés!) et marche contre Malpertuîs. Le roi confie encore l'avant-garde^t le gonfanon k Tardif le limaçon, et donne l'arrière-garde au léopard. Renart se plaint d'avoir été trahi par sa femme et d'être surpris à l'improviste et sans avoir son château pourvu :

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