‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparésChapitre 12 sur 84 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Chap. I". Un beau jour de Pentecôte, le sei-^

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gneur Noble (le lion), roi de tous les animaux, veut tenir cour plénière, et fait inviter tous les animaux à s'y réunir, excepté le renard Reineke^ qui en est exclu pour ses méfaits. Lorsque tous furent assemblés, il se trouva que Grevink (Grimbert), le taisson ou blaireau, était le seul qui n'eût point à se plaindre de Reineke et de ses méchancetés.

Chap. II. Le loup Isengrim surtout a tant de plaintes à porter qu'on ne saurait même les écrire toutes, mais il accuse en particulier Reineke d'avoir compissé ses louveteaux et fait son plaisir de sa femme la louve * . Le petit chien se plaint que Reineke' lui ait enlevé une andouille, et la panthère raconte avec indignation que Reineke a été sur le point de dévorer le doux et pieux seigneur Lampe, le lièvre.

Chap. III. Le blaireau, neveu de Reineke, se charge de plaider la cause de son cousin, comme il l'appelle. Selon lui, Reineke, pour empêcher Isengrim de mourir de faim, a contrefait le mort, s'est exposé au plus grand danger en se faisant jeter sur une charrette chargée de poissons, et a envoyé de ceux-ci à Isengrim; mais lorsque ensuite il a sauté en bas pour en demander sa part à

Voyez Renarêf branche 1

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Isengrim, cet ingrat avait tout mangé, et ne lui avait laissé que quelques arêtes *• Un autre jour, sur Tinvitation de Reineke, ils vont s*emparer d'un cochon tué. Reineke, qui le jette à Isengrim, est attaqué par de gros chiens, et lorsqu'enfin il arrive, Isengrim a dévoré tout, et ne lui offre que le bâton auquel le cochon avait été suspendu. Isengrim a grand tort et devrait rougir de publier lui-même la honte de la dame Giremod^ la louve. Il y a sept ans, un jour de fête, Isengrim étant absent du pays, Giremod, de son propre gré, a accordé ses faveurs à Reineke ; elle ne s'en plaint pas, elle n'en est pas morte : il vaudrait mieux ne pas en parler. Le lièvre ne sachant^pas bien sa leçon de chant, Reineke a dû le châtier comme un autre écolier à qui on veut enseigner à bien faire. L'andouille du petit chien avait été volée, et celui-ci mériterait plutôt une punition. Reineke est un honnête homme qui n'aime pas qu'il soit fait tort à personne ; il se mortifie, porte haire et cilice, et a quitté son château de Malpartus pour se retirer dans un cloître. Toutefois il saura encore mieux se justifier lui-même. Malheureusement, là-dessus ai*rive le coq, Hennink, apportant la poule, Kras-

• Dans le Roman de Retiart (édit. de Méon, br. 2), Ysengrin est tout-à-fait étranger à cette aventure.

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sevoet (gratte-pied), que Reiiieke vient de mettre à mort.

Chap. IV. Hennink est accompagné de deux autres coqs, Kregant^ le meilleur coq du pays entre la Hollande et la France, et Cantart. Le coq, avec la poule et ses vingt-quatre petits, était sur ses gardes, mais Reineke, en habit de religieux, et porteur d'une fausse lettre de paix, a trompé sa vigilance, et lui a enlevé successivement dix-neuf de ses petits.

Chap. V. Noble se met en colère, fait chanter vigiles pour la poule et la fait enterrer ; puis il consulte les autres animaux, et Ton convient d'envoyer Brun , l'ours , pour mander Reineke au tribunal du roi.

Chap. VI. Noble avertit Brun d'être sur ses gardes contre l'astuce et la méchanceté de Reineke. Brun, fier et présomptueux, se rend à Malepertus, la meilleure des citadelles de Reineke, et somme celui-ci, sous peine de mort, de se rendre auprès de Noble. Reineke et Brun se qualifient mutuellement d'oncle.

Chap. VII. Reineke s'excuse d'avoir fait attendre Brun, sur ce qu'il a chanté la messe et qu'il se trouve indisposé pour avoir mangé trop de miel faute de mieux ; le mot de miel excite l'appétit de Brun, et l'astucieux Reineke va le

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conduire chez le paysan et charpentier Rustevyle, où il dit y en avoir abondamment.

Chap. VIII. Reineke persuade à Brun qu'il y a du miel dans un tronc de chêne fendu ; Brun y enfonce la tête et les pattes de devant, et se trouve pris aussitôt que Reineke ôte les coins qui servaient à faire fendre le bois. Reineke se retire. Le paysan survient et va chercher du monde.

Chap. IX. Tous se ruent sur Brun, qui, à force d'efforts et de souffrances, finit par se dégager ; mais il y laisse la peau de sa tête et de ses pieds avec les griffes. Au milieu du tumulte, la femme du prêtre et d'autres femmes tombent dans la rivière; pendant qu'on travaille à les sauver. Brun a le temps de se jeter à l'eau pour échapper ou se noyer. Tout étonné de ne point enfoncer, il nage avec le courant jusqu'à une bonne lieue de là^ en maudisss»it également Reineke et les paysans.

Chap. X. Reineke, s'applaudissant du tour qu'il vient de jouer, va saisir et dévorer une poule, et aperçoit Brun à son grand étonnement, car il le croyait tué. Enchanté de l'état déplorable où il le retrouve, il le raille cruellement. Brun, au désespoir, passe de l'autre côté de la rivière en nageant, et, accablé des plus

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cuisantes douleurs, il parvient à la cour du lion au bout de quatre jours seulement.

Chap. XL Le lion, plein d'indignation, jure hautement de venger Brun, et l'on envoie le chat, Hinze, mander de nouveau Reineke.

Chap. XIL Bientôt Hinze arrive à Malepertus. Reineke promet de le suivre le lendemain, et lui offre du miel pour souper : le chat refuse ; il demande une souris grasse. Reineke le conduit à la grange du prêtre, où il doit y en avoir à foison, et où Reineke a pratiqué un trou au mur. La veille Reineke a emporté un des coqs du prêtre, et le fils de celui-ci, Martin, a tendu un lacs devant le trou pour attraper Reineke ; Hinze y est pris.

Chap. XIIL Reineke, après avoir raillé Hinze, se dispose à se rendre auprès de la dame Giremod, la louve, d'abord pour apprendre d'elle quelles plaintes Isengrim a portées contre lui, et puis pour se livrer à ses amours avec la dame pendant qu'Isengrim est à la cour. Toute la haine d'Isengrim dérivait de cet amour adultère entre Reineke et Giremod. Ne trouvant pas Giremod chez elle, il salua ses petits du nom d'enfants de sa maîtresse ; à son retour, Giremod en devient furieuse, va trouver Reineke et lui en demande raison '. Reineke s'enfuit et s'élance à

* Dans le poème français, le renard trouve la louve chez elle.

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travers la crevasse du mur d'une vieille tour. Giremod, pour y passer, fait tant d'efforts qu'enfin elle ne peut plus ni avancer ni reculer. Reineke fait le tour du mur, arrive par derrière, fait violence à la louve, et s'échappe avant qu'elle parvienne à se dégager.

Chap. XIV. Le jeune Martin entend crier le chat; il réveille tout le monde, et l'on court assaillir le pauvre pendu. Hinze, réduit à l'extrémité, saute entre les jambes du curé, le mord et le mutile. La ménagère du prêtre en est au désespoir, et pendant que l'on s'empresse autour du blessé évanoui, le chat parvient à rompre le lacs à coups de dents et à s'enfuir. Il arrive à la cour du lion dans un état pitoyable, et y fait son rapport. Nouvelle colère du roi et nouveau conseil. Le blaireau plaide encore en faveur de son oncle, exige qu'on le somme une troisième fois, comme cela se pratique avec des hommes libres, et s'offre pour aller le mander de nouveau.

Chap. XV. Reineke se laisse persuader, se vante d'être partout nécessaire par ses conseils, et ne doute pas de recouvrer les bonnes grâces du roi.

et celle-ci est bien d^accord avec lui dans leur commerce adultère.

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Chap. XYI. Reineke prend congé de sa femme Ermelyn et lui recommande leurs deux fils, Reinardyn et RosseL H prétend bientôt éprouver des remords, et demande à se confesser au blaireau, qu'il appelle indistinctement oncle et neveu.

Do se so gingeo eeae kleene stont, Spnk Reinke : Roret my, Oem an Fmiid, Grimbart, aldoieTeste Neve !

Vao aogste an sorgen ik beve .'.

n avoue ses torts envers Tours, le chat et le coq.

Chap. XVII. En continuant sa confession, Reineke dit : Je n*ai pas même épai^é le lion ni la lionne: quant à Isengrim, je Tappelle mon cousin, mais à vrai dire nous ne sommes pas parents du tout. Un jour, il y a six ans , il vint me voir au couvent à'Elcmar pour se faire moine lui-même ; je lui attachai les pattes à la corde des cloches , de façon qu*en sonnant il attira du monde et se fit presque assommer. Quand il me pria de lui faire la tonsure pour entrer au couvent , je lui fis brûler impitoyablement la peau de la tête. Un jour je lui montrai à prendre du

* Après airoir mirché linsi quelque temps. Renaît dit : Ecoutemoi, mon onde et uni, Giimbut, très cher neveu, je tremble de peur et de chaf^in.

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jHMSSon, et il n'eut que des coups. Une autre fois, dans le pays de Juliers, je le conduisis au g9rde-manger d'un prêtre, où il dévora tant de lard ({u'il pe put sortir par le trou étroit par lequi3} il ^tait entré ; je saisis un chapon rôti sur I4 fable Tpéme du prêtre , et en faisant courir après inQi^ j'd(tirai le monde vers l'endroit où se trouvait Isengrim ; on le mit presque à mort et on le jeta dans une fosse bourbeuse; j*ignore eoffîQient il en revint. Néanmoins il n'y a qu'une année qu'il m'a encwe juré fidélité afin que je lui fisse manger des poulets. Je le fis entrer par une lucarne et marcher sur une poutre étroite. ËffiViyé du bruit de la lucarne, que je fermai brusquement du dehors, il perdit l'équilibre et tomba. ]jÊps g^ns |de 1^ maison s'éveillèrent et le r«ssèr^ept enqofe tellement que je m'étonne fort qu'il n'en soit pas mort. De plus, j'ai fait des tours à la dame Giremod qui lui ont attiré dommage et vergogne. Tels sont tous les péchés dont je me souviens ep ç.e ipomient. pri|3a))art impose à Reineke, en pénitence, de se donner lui-même trois coups d'une verge, de poser la verge, de passer et repasser trois fois par dessus , et puis de la baiser sans ressentiment. Reineke s'y soumet, et Grimbart l'absout et l'exhorte au repentir et à la piété.

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Chap. XVIII. Ils viennent à passer devant un couvent où Reineke a Thabitude de marauder ; il s'élance pour attraper un coq. Grimbart le retient. Reineke tourne constamment la tête du côté des poules ; Grimbart lui en fait des reproches, et Reineke prétend prier seulement pour Tâme des poules. A mesure qu'ils approchent de la cour, Reineke devient sérieux et triste.

Chap. XIX. Reineke passe fièrement devant tous les animaux , accuse Tours d'avoir voulu enlever le miel du paysan et de s'être fort mal défendu, affirme avoir accueilli le chat hospitalièrement, et ne pas devoir être puni de ce que^ malgré lui, celui-ci est allé voler dans la maison du prêtre et y a été mal reçu. Du reste, il se soumet humblement au pouvoir et à la justice du lion 9 et se fie en la bonté de sa cause ; sur quoi les autres animaux élèvent de nouveau leurs plaintes.

Do sprak Rambock, de heet Bellyn :

Id is recht tyd, wille wy nu klagen I Dar quam Isegrim mit aile syne magen, Hinze, de Kater, un Brun de Bare, Un der deeren eue grote schare :

Lampe de Hase, un de Esel, Boldewyn, Wakerlos de Klene, ok de grote Hunt, Ryn Metge de Zege, un Hermen, de Bock, Ekeren^ Weselken, Hermelken, weren dar ok.

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De Osse, dat Perdy de weren ok dar,

Yele wilder deeren ene grote schar.

Dat Herte, dat Ree, un Bokert, de Bever,

Kanynen, Maerten^ un ok de wilde Ever^

Bertolt^ de Aderbar, un Marquart, de Hegger,

Ok Lutje, de Kron, was dar aider degger,

Tybbeke, de And, un Alheit^ de Goes

Desse Kiageden aile over den Vos.

Henmnkf de Hane, un al syne kioder,

Kiageden gauz seer eren hinder.

Noch waren dar der vogele meer,

Un audere der deeren een groten heer,

De ik nu nicht al kan nomen.

Desse aile wolden den Vos verdomen, Un dachten darup mit scharpen sinnen, Yio se em syn lèvent mochten aifwinnen. Se gingen vorden Konnink al, Dar horde men Klage ane tal.

Chàp. XX. Reineke plaide habilement sa cause contre tous ses accusateurs. Enfin, cependant^ sur la déposition de quelques témoins vérîdi** queSy le roi^ en son conseil , condamne Reineke à être pendu, et le fait saisir.

Ghap. XXI. Martin, le singe, Grimbart, le blaireau , et d'autres parents de Reineke s'en affligent, parce que Reineke était un seigneur banneret , et se retirent de la cour> ce qui fait réfléchir le lion. Isengrim, Hinze et Rrun condui-

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sent cependant Reineke au suppliée, et s'exhortent mutuellement à ne pas le laisser échapper.

Ghap. XXII. Pour gagner du temps, Reineke demande la permission de se confesser, ce qu'il obtient. Il déclare avoir mangé force agneaux^ poules, etc., avoir dû souvent partager avec Isengrim , n'avoir guère profité à ce partage , mais s'en être consolé au moyen de son trésor en Or et en argent, tellement considérable que sept chariots ne pourraient le transporter. A ce mot de trésor, le lion demande des renseignements. Reineke y consent, puisqu'il ne saurait plus rien emporter, et que d*ailleurs le trésor avait été volé ; une conspiration avait été tramée contre la vie du roi, le trésor, sur lequel on avait compté , fut enlevé et le complot échoua ; mais le père de Reineke paya de sa vie la conservation de celle du roi.

Chap. XXIIL Alors le lion et la lionne font approcher Reineke afin de pouvoir l'interroger en particulier; pour lui, il se prépare à les payer de mensonges et à accuser ses meilleurs amis, tels que le blaireau et même son propre père *.

* Cest ici où le récit s^écarte entièrement du Roman de Renart en français , qui n^a rien de cette fiction mensongère de la conspiration et du trésor. Cette fiction est également étrangère aux poèmes latins sur le renard.

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Chap. XXIV. Voici la fable que Reineke imagine : Mon père, dit-il, avait découvert le trésor du puissant roi Emery (Emerik). Gonflé d'orgueil^ il envoie le chat dans la forêt des Ardennes pour inviter l'ours à venir le trouver en Flandre, et à se laisser couronner roi. Brun s'y prête; lui, le renard, le cliat> le loup et le blaireau se réunissent entre le village d'Yste et Gant, jurent- tous ensemble dur la tête d'I^ngrim de proclamer et de couronner Brun à Aixla-Ghapelle, le trésor devant servir à corromqpre et à vaincre tous les récalcitrants « Cependant Reiaeke, qui finit par en être informé, songe aux moyens de faire échouer le projet, et épie son père sans relâche. Un jour Reineke, de sa <;achette, aperçoit son père sortir de la fente d'un roc, boucher le trou, aplanir le sol à faide de sa queue ^ ^t couvrir ses traces de terre. Lui parti , Reineke entre dans le roc, y découvre Fimmense trésor, et le transporte ailleurs avec l'assistance de sa femme. Cependant son père court tous les pays entre l'Elbe et le Rhin pour porter dies lettres par lesquelles les- animaux sont exhortés à s'unir à Brun. Renard le père est exposé à de grands périls en Saxe, où les habitants des châteaux lui font la chasse, mais il rapporte la promesse de nombreux auxiliaires,

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à condition de payer trois semaines de solde d'avance. Cepen(|ant le trésor étant enlevé, toute recherche fut vaine, le complot échoua, le renard se pendit, le roi fut sauvé, et malgré cela, Reineke a le chagrin de voir tous les traîtres en faveur auprès du lion.

Ghap. XXYII. Le lion et la lionne accordent la grâce entière de Reineke, à condition qu'il leur révélera où il a déposé le trésor et leur donnera les moyens de s'en eniparer.

Chap. XXVIII. Reineke leur dit d'aller le déterrer vers l'est de la Flandre, au milieu d'un désert, dans un bois appelé Husterloj près d'un puits appelé Krekelput (Kriekepit).

Chap. XXIX. Reineke s'excuse de ne pas y conduire le lion, sous prétexte qu'il est excommunié par le pape pour avoir aidé Isengrim à sortir d'un couvent , ce qui le rend indigne de marcher avec le roi, et lui fait prendre le parti d'aller en pèlerinage à Rome pour se faire absoudre.

'Chap. XXX. Le roi proclame formellement sa réconciliation avec Reineke et le pardon qu'il lui accorde.

Chap. XXXI. Isengrim et Brun font des remontrances ; Noble s'en offense et les fait arrêter.

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Chap. XXXII. Sur la demande de Reineke, ou arrache une partie de la peau du dos de Tours, afin d'en faire une besace pour le pèlerin, et Ton force le loup et la louve à lui fournir une paire de souliers en leur écorchant deux pattes à chacun.

Chap. XXXIII. Suivant les ordres du lion^ le mouton, Bellyn, récite des prières pour Reineke et lui bénit sa besace et son bourdon.

Chap. XXXIV. Après avoir reçu la bénédiction, Réineke se met en route. A sa demande, les deux ecclésiastiques Bellyn et Lampe raccompagnent à quelque distance.

Chap. XXXV. Arrivé à Malepertus, Reineke prie Bellyn d'attendre dehors, et fait entrer Lampe, qu'il égorge aussitôt et qu'il dévore avec sa fenune et leurs petits.

Chap. XXXVI. Bellyn appelle Lampe et s'impatiente.

Chap. XXXVII. Reineke vient lui raconter que Lampe se trouve trop à son aise auprès de sa tante la louve pour partir de sitôt ; il lui propose de rapporter au roi, de la part de Reineke, des lettres renfermées dans la besace, et lui permet de se vanter d'en avoir donné le conseil et dicté le contenu à Reineke. Bellyn accepte avec plaisir, et quand il arrive auprès du

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roi 9 cielui-ci fait appeler Bokert, le castor^ qui est à la fois son notaire et son clerc, pour lire les lettres, et Hinze pour examiner ce qu'il y à dans la besace.

Chap. XXXVIII. Lorsque, pour toute lettre, le castor et le chat retirent du sac la tête du pauvre lièvre, le lion est hors de lui de fureur et dé regret de s'être laissé tromper et d'avoir été injuste ^ Cependant le léopard plaide en fa* veur de Tours et du loup.

Chap. XXXIX. Sur la proposition du léopard, Brufa et Isengrim sont en effet relâchés et comblés d'honneurs, et le roi déclare que Bellyû et toute sa race, ainsi que Reineke et toute la sienne, seront à jamais leur partage. Bellyn est mis à mort, et le roi prolonge la cour pendant douze jours pour célébret* sa réconciliatioti avec Brun et Isengrim.

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