LIVRE II
Grande fête à la cour : tous les animaux arrivent, se réjouissent, et s'accordent dans leur ressentiment commun envers Reineke.
Chap. I«^ Le huitième jour, le lapin vient se
' Le lion appelle le renard fils de putain, horenson^ ce qui est conforme au roman français , où le renard est si souvent appelé pute bêle, Jils à putain^ etc.
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plaindre d'avoir été assailli par le renard et dV Tcnr fhilli périr. Â peine a-t-il cessé de parler» que k' corneille » Merkenauwe , raconte qu'elle et sa femelle^ Scharpenebbe (bec aigu), ayant trouvé Reineke étendu comitie s'il était raide mort, i^'en sont approchées pleines de compassk)n{ qu'alors Reineke a subitement saisi et cro* que Scharpenebbe, et qu'elle-même n'a échappé que par une fîiite rapide.
CflAP. II. Le roi s'indigne, crîe hautement vengeance, et juré de punir Reineke.
^ GhâPw III. Là lionne s'efforce de le calmer et de Im faire douter encore des crimes de Reinekei 1j8 Ibn ordonné cependant que tous s'arment pour aller prendre Reineke à Malepertus mémet
Maket rede ai dat gy mogen
Mit juweme hàfnsche, spete, un bogen.
Mit donreboBSen' , poUexen unbarden.
Wy willen hea vor Mal^çrtus,
Un seen, wat Reinke heft ia deme huss.
Chap. IV. Grimbart, tout effarouché, court avertir Reineke; qui cependant ne s'effraie point;
* Donréfmsse^ mousquet, bombardé, canon à tonnerre. Ce mot prouve qu'en effet Ces vers n'ont pu être écrits qu'après l'introduction de l'emploi de la poudre et des canons à la guerre. Ils ont pu être ajoutés aplrès coup par des copistes dans le poème flamand même.
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mais invite au contraire Grimbart à manger de jeunes pigeons avec lui, et lui demande son assistance pour le lendemain quand il se rendra à la cour.
Chap. y. Reineke présente ses enfants Rossel et Reinardyn à Grimbart, fait l'éloge de leurs dispositions, et avertit sa femme de son départ.
Chap. YI. Grimbart et Reineke se mettent en route ; celui-ci demande à se confesser à Grimbart, pour compléter la précédente confession, et avoue tous ses tours depuis le mensonge du trésor, et tels que nous venons de les passer en revue ; il en ajoute un autre , joué à Isengrim , que voici : Isengrim, sur le point de mourir de faim, ayant aperçu une jument avec son jeune poulain, prie Reineke d'aller demander à quel prix la jument vendra le poulain. Ce prix est écrit sous mes sabots, répond-elle. Reineke prétend ne pas savoir lire ; Isengrim s'en vante, va pour regarder, et reçoit au front un coup de pied tel qu'il reste une demi-heure étendu à demi-mort *. Ce n'est ici que la vieille fable, qui
« Isegrim sprak : wat scholde dat wesen,
Dat ik nicht scholde lesen, wat id ok sy? la, dudescb, walsch, lalin, ok franzoss darby
C'est ici Fendroit mentionné à la page 71 pour appuyer la distinction supposée entre wallon et français.
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se retrouve, avec des variantes, dans tous lés grands poëmes sur le renard.
Ghap. VII. Grimbart absout Reiueke, mais il Tavertit pourtant d'être sur ses gardes. Reineke s'en moque , discourt et moralise sur ce qu eu ces temps les prélats donnent un mauvais exemple d'avidité au monde, et sur ce qu'on pend les petits voleurs en laissant échapper les grands.
Ghap. YIIL II raisonne assez longuement et d'une manière générale sur la corruption et la perversité du monde, et de la plupart des ecclésiastiques surtout, jusqu'à ce qu'il arrive à la cour du roi.
Ghap. IX. Martin, le singe, le rencontre d'abord et l'encourage ; il se trouve sur le point d'aller à Rome. Reineke dit que ce qui l'inquiète le plus c'est d'être excommunié pour avoir aidé Isengrim à sortir de son couvent*. Martin le tranquillise sur ce point, lui promet ses secours, se charge de tout arranger, dit qu'il va à Rome, où il connaît bien tous les usages et où tout s'acquiert moyennant de l'argent; il déclame en particulier contre la dépravation et les abus du
* Livre I, chap. 17, cfr. p. 36. Voyez également ReinarduSt livre III, fable» 3* et b\
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clergé de Rome. Ils se font leurs adieux, et Reineke s'avance vers la cour, où sa réputation était bien mauvaise.
On est frappé de la difPérence entre ce second livre et le premier : ici la confusion règne et l'action ne marche point ; ce n'est guère qu'une répétition de ce qu'on a vu dans le premier livre, et au lieu de se tenir dans la douce et divertissante ironie d'un récit animé, l'auteur se laisse aller à des raisonnements vagues et à la satire directe. Ce qui se fait sentir ici, c^est surtout encore la supériorité de l'auteur de la première partie du poëme flamand sur son continuateur Willems, qui a fait le Madock.