LIVRE III
Chap. I**'. Reineke arrive; d'abord un peu inquiet , il reprend courage et passe fièrement devant tous les barons. Grimbart lui rappelle que le timide ne réussit guère, mais que la fortune est favorable à l'audacieux. Reineke fléchit le genou devant le roi et la reine, prie Dieu qu'il leur fasse distinguer le juste d'avec l'injuste, le vrai du mensonge, et annonce sa confiance dans le discernement infaillible du roi.
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Chàp. il Le roi menace. Reineke paie d'audace et d'hypocrisie. Il prétend que s'il n'avait pas la conscience nette et pure il ne se serait pas présenté, qu'il est venu sur la promesse de Martin d'aller à Rome le faire délier du ban du pape. On l'accuse hardiment pendant son absence, dit«il, mais que le lapin paraisse et ose se plaindre en face de lui ! Le lapin a été régalé parfaitement, mais il s'est attaqué aux jeunes renards et doit des remerciements à Reineke de l'avoir tiré d'un mauvais pas. Quant à la cor^ neille, elle est morte^ selon lui, d'avoir avalé force poissons avec les arêtes ; peut^tre le mâle l'a-t-il tué lui-môme ; et comment Reineke pourrait*il attraper ceux qui ont la faculté de s'envoler, lui qui ne fait que marcher! Qu'on laisse les accusations, qu'on produise de bons témoins contre lui^ ou bien qu'on lui offre un honorable combat singulier avec quelqu'un de ses pairs. Le lapin et la corneille, effrayés de son insolence et de sa proposition, se taisent et s'esquivent. Reineke s'en prévaut et triomphe.
Ghap. IIL Le roi reproche à Reineke la mort du lièvre et sa trahison envers le mouton. Reineke feint d'ignorer leur mort, de penser que l'un a tué l'autre, et d'avoir perdu un grand trésor qu'il les avait chargés d'apporter au roi.
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Celui-ci se retire en colère; la femelle du siuge, dame Rukenauwe^ amie de la lionne, tâche de radoucir et rappelle que Reineke seul a su prononce'r entre Thomme et le serpent.
Chap. IV, Le roi fait répéter cette aventure : Un jour un passant voit un serpent pris dans un lacs ; sur la demande du serpent, et d'après son serment de ne jamais nuire à son libérateur, le passant le détache. Ils cheminent ensemble. Le serpent ayant faim veut attaquer l'homme, et s'excuse sur le pressant besoin. L'homme demande seulement le délai nécessah*e pour faire décider la question par quelque arbitre. Ils trouvent le corbeau, qui, pour avoir lui-même un morceau , prononce en faveur du serpent. L'homme récuse le brigand ; on s'adresse à l'ours et au loup : même sentence. L'homme en appelle au roi ; le serpent fonde toujours son droit sur la faim et le besoin ; le roi demande l'avis du renard ; celui-ci propose que l'on remette les parties adverses en leurs positions premières. Le serpent est attaché comme il l'était, et l'homme est mis à même de le laisser ainsi ou de le détacher, à son gré. Il remercie et s'en va sain et sauf ^ Ëloge de la sagesse de Reineke.
* Ce sujet ne reparaît dans aucune des autres versions, excepté dans le seul Renart le Contrtfait.
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Ghap. V. Le poi réfléchit, jet va demander compte à Reineke de la mort de Lampe et de Bellyn. Reineke éclate en doléances sur la perte des magnifiques joyaux qu'il prétend leur avoir confiés.
Ghap. VL Description de ces joyaux: d'abord une bague merveilleuse d'or fin avec une pierre précieuse. Au dedans sont gi*avés des noms que Seth a apportés du paradis , et la pierre , il l'a trouvée en cherchant l'huile de la miséricorde ; les mots et la pierre ont toutes sortes de vertus miraculeuses.
Ghap. VIL Puis un peigne et un miroir pour la reine. Le peigne avait été fait d'os de panthère d'une odeur tellement agréable qu'elle attire et dompte tous les autres animaux; d'ailleurs le jugement de Paris se trouvait sur le peigne magnifiquement ciselé et incrusté d'or.
Ghap. VIIL Le miroir n'était pas moins admirable : on y voyait ce qui se passait à une lieue à la ronde jour et nuit, et quiconque avait un défaut à la figure, en s'y regardant le défaut disparaissait. Sur la bordure, en bois merveilleux, se trouvaient ciselées les anciennes fables bien connues d'un cerf et d'un cheval qui se fait esclave de l'homme pour avoir voulu satisfaire son ressentiment et sa vanité.
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CHAPé IX. D'un âne qui, voulant imiter le petit chien, se met à embrasser et à caresser son maître, et s'attire par là force coups de bâton.
Chap. X» De son propre père, ami de Hinze, le chat sauvage qui, lorsque les chasseurs et les chiens les poursuivent et sont sur le point de les atteindre, le trahit, se sauve sur uq arbre» et lui crie ironiquement d'ouvrir le sac tout plein des bons conseils dont il s'était vanté.
CoAPi XI. De Lutje^ la grue, qui retire Tos de la gueule du loup.
Chap. XII. Reineke, continuant ses fictions et ses mensonges, prétend faire souveniir qu'un jour le père du lion, étant malade, fait appeler vainement tous les autres animaux à son aifiç ; le père de Reineke seul parvient à le guérir en lui prescrivant de manger le foie d'iin loup de sept ans ^ En effet, malgré les protestations du loup, qui assure n'avoir encore que cinq ans, on lui arrache le foie; le roi en mange, guérit, récompense le renard et le crée docteur. Cette aventure aussi a dû se trouver sur la bordure du miroir merveilleux.
Chap. XIII. Le lion fait l'incrédule, et Reineke se croit obligé de lui rappeler comment il
* Ceci est moins bien que l^emploi de la peau du loup dans les autres poèmes.
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a personnellement bien mérité de lui. Un jour Isengrim et Reineke ont pris un coehon ; le lion survient et en réclame une part. Isengrim donne la moitié pour le lion et la lionne, se réserve l'autre moitié, et n'accorde à Reineke que les oreilles, le museau et la moitié du foie ; le lion ayant mangé sa;^portion, donne un coup de griffe sur la tête du loup vorace, de manière que celui-ci, se sentant meurtri et saignant, veut se retirer. Le lion l'envoie cependant chercher encore quelque autre proie ; Reineke s'offre à l'aider, et ils ramènent un veau gras. Reineke, chargé du partage, assigne une moitié pour le roi, une autre pour la reine, les entrailles pour leurs petits, les pieds seulement pour lui-même, et la tête pour Isengrim ; et sur la question du lion, il répond que c'est le sort du loup qui lui a si bien appris à partager. L'insolence de Reineke s'accroît; il invite quiconque voudra l'accuser à se présenter avec de bons témoins, et à mettre en gage sa fortune, son oreille ou sa vie, selon la coutumei.
Chap. XIY. Le roi cède en s'imaginant ne suivre que le bon droit ; il pardonne, pourvu que Reineke veuille aller à la recherche des joyaux perdus. Tous les autres animaux se sont également laissé persuader. Isengrim seul persiste à
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regarder Reineke comme fripon et menteur, à raconter trois autres trahisons nouvelles de Reineke, et à vouloir que justice soit faite, dût-il lui-même se battre avec le fourbe.
Ce livre a encore bien moins de vie, de mouvement et d'originalité que le premier. L'idée des objets précieux et les fictions continues sur ce sujet semblent n'être qu'une variante du trésor du roi Eimery, et elles sont bien longues.