V. 19360. Seront-ce donques les mérites
Que je aurai de mon servise,
Que je vos ai la poison quise
Qui bone est contre vostre mal?
19390. Vez la poison ci en présent;
Jer aportai por vos garir.
19696. £t cil de poirre ne se tarde,
Qar la poison le destraingnoit
Qui lot le cors li eschaufoit.
Poison est évidemment employé dans le sens de potion, médecine, ou peut-être de boisson, de breuvage. N'y aurait-il pas quelque raison de soupçonner que la relation d'un empoisonnement du lion, laquelle ne se trouve que dans le seul poëme de Reinhart, ait pu naître simplement d'une confusion des mots de poison, po-
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tion et boisson dans les plus anciennes traditions ou compositions sur ce sujet * ?
Le tableau offert en cette branche nous présente encore une fois les animaux assemblés autour du lion en cour plénière, telle que nous l'avons déjà vue en d'autres branches, telle que nous la connaissons dans le Reinardus et dans leReineke. L'idée prmcipale est donc analogue; mais dans les trois versions latine, allemande et française, le sujet est traite d'une manière toutà-fait différente quant à l'exécution, aux personnages et aux détails.
Les divers manuscrits fournissent peu de variantes importantes.
Cest la branche corne Renart parfist le c...^ (V. 19769-20490; 722 v.)
Après le petit préambule de rigueur, l'auteur entre en matière^ eu supposant familiers aux lecteurs ou auditeurs les quatre personnages du
* Dans le poème du Couronnement de Renart aussi le lion meurt et le renard en est la cause ; mais là il n'est question ni dç maladie précédente ni de remède physique.
' Comme Renart acheva le c...
drame et leurs noms propres. Le début est CU'rieux jet caractéristique :
V. 19785. Ce fu li voira que Chanteclera Et TsengFÎns et Bricbemera £t Daat Rellart, si con moi sanMe, Firent un grant essart ensanble * .
JBrichemers as cornes agues En a les coiches ' esméues ; Chanteclers grata les racines Et Tsengrin as for2 eschines Et as espanles (Ju'il ot fora, En a gité les coiches hora.
Renart qui tôt le mont déçoit, Qui de mal faire ne recroit.
Esta selonc, si les semont :
Or tost, seîgnor, faites grant mont, J'esgarderai que nus ne veingne 19800. Qui baston ne e^e taingne Dont il nos puisse faire mal.
Lora garda amont et aval, Bien sot son cul ariere traire.
Que il n*ot cure d*ovre faire.
Voilà donc les trois animaux qui préparent laborieusement le champ, tandis que le renard les exhorte seulement, se donne Taîr de îsm^
' Défrichèrent ensemble un grand champ.
* Broussailles, bruyères. Le manuscrit 7607 porte le mol couches (souches?), et le manuscrit 195 G, roiches.
veiller le travail et fait le seigneur oisif. Le champ étant labouré, le coq est d'avis d y semer du chanvre, le cerf y veut de lorge, et le loup du froment ; Renart daigne approuver Tavis d'Ysengrin. Le blé ayant grandi, un jour le loup, bien repu, va s'y reposer ; le cerf vient Ty surprendre, mais ît se laisse persuader d'entrer également au milieu du blé et de s'y repaître; le coq arrive et finit par agir de la même façon. Le renard les aperçoit et se fâche ; mais sur les menaces d'Ysengrin il se contente d'annoncer qu'il va se plaindre au roi et d'y mander les autres :