‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparésChapitre 34 sur 84 · V. 20075. Je vos envi, sire compère · texte numérisé non relu

V. 20075. Je vos envi, sire compère

Droit à la Gort à l'Ëmperere, Vos et voz autres coDpaignons, Là nos départira raissons.

Renart se rend à la Cort le Roi et

V. 20088. Là trova-il, si con je croi, Ysengrin et sa conpaignie Qui là defors s*estoit logie.

Sans saluer Ysengrin ni sa compagnie, Renart entre le premier par un guichet auprès du roi. Il trouve celui-ci tenant une bêche à la main et prétendant s'en servir pour faire des c... Renart s'en émerveille, hasarde l'avis que

les c... faits par le lion sont laids, qu'on pourrait les embellir et mieux imiter la nature. A cet effet il propose de prendre la peau de la nuque et du cou, chaignouy d'un cerf pour la plier et lier ensemble, puis la crête d'un coq pour en faire une cloison, ensuite la barbe et la peau de la tête d'un loup, hure, pour en garnir le tout. Le roi, enchanté du conseil de Renart, fait entrer successivement Brichemer, Chantecler] et Ysengrin, et les dépouille conformément à la proposition de Renart. Ce sont donc la fourrure et les ornements de tête des trois compagnons dont Renart se plaint qui servent à l'achèvement de la singulière construction du lion. Renart se voit ainsi bien vengé. Le lion est fort satisfait et admire l'esprit de Renart. L'auteur termine en s'écriant que personne ne saurait mieux faire et qu'aucune chose au monde n'est douce com lie...

Cette branche n'a de liaison avec aucune autre du recueil ; elle est sans analogue dans aucun des autres romans sur le renard; elle parait assez vieille. Elle est semée de traits d'esprit du vieux et simple genre. La langue y est assez irrégulière. Le récit est assez bien fait et sans

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trop de longueurs* Il y est fait allusion aux dif^ férends entre Ysengrin et Renart, à la tendresse de Hersent pour Renart, etc., comme à des^ choses familières aux lecteurs.

La première partie de la branche pourrait foi^^ mer une bonne fable spirituelle et naïve, honnête et décente. La seconde moitié se lie bien à la première, et la complète, à la vérité, d'une manière assez naturelle, mais elle est rebutaate^ de platitude et de grossièreté, et à cet égard elle fait singulièrement disparate*

Comment Renart et Tyberz li Chaz chantèrent vespres et matines^ par Richart de Li$m. (V. 20491-21976; 1486 v.)

Oez une novele estoire Qui bien devroit estre en mémoire ; Lopc tens a esté adirée (égarée, perdue). Mes or l'a uns mestres trovée Qui Ta translatée en romanz * ; Oez comment je la comanz (commeuce).

Ce fu en mai au tens novel

' Translater en romanz pourrait signifier également traduire en langue romane, ou bien transférer, transporter (transformer?) en conte.

Que Renart tint son fil Rovel Sor ses jenouz à un matin :

20500. Li enfes ploroit de grant fin (faim) Por ce que n'avoit que mengier.

Renart le prant à apaier, Si li a dit : Filz cuers de hnu Ge vois ou (je vais au) bois de Veneroi * Porchacier à ton cors viande.

Tels sont le préambule et le début assez curieux. Outre les larmes de Tenfançon , les besoins d'Heraieline en gésine poussent Renart ; il Ta à la chasse, mais aussitôt il est hué et troublé par l'abbé Huon et ses chiens. Il trouve Tybert le chat étendu au soleil sur un rocher, lui persuade de raccompagner par amitié, et le conduit, tout en causant, vers le Vernoi. Ils voient venir Guillaume Bacon o ses chiens (v. 20673); Renart s'esquive, Tybert grimpe dans un arbre, où on Tattaque avec des pierres et des bâtons :

V. 20738. Qant uns prestres vint à cheval Qui ses livres ot fet troser Por ce que il devoit chanter A Rlaangni por le Provoire Qui estoit alez à la foire.

Ne savdt d'autres livres rien,

* Feneroi, Vernoi, aunaie, lieu planté d'aunes, autrefois appelés vernes.

N*i conéust ne mal ne bien; Ce qu'il en set, c*est par autrui, Por ce les portoit avec lui.

Le Prestre del Bruel avoit non.

Le prêtre aussi se joint aux ennemis du chat,, qui le moralise en vain, lui dit d'être chaiîtable et de recevoir plutôt sa confession. Enfin Tybert saute sur le cheval du prêtre, qui avait mis pied à terre, et le fait partir, au grand regret du propriétaire, qui se met à réclamer humble* ment sa monture et ses livres. Le chat lui dit entre autres :

V, 20863. Avoi! Dant Prestre, dit Tyberl, Tex cuîde gaaigner qui pert, £t autre enborse le gaain.

Tybert l'interroge sur son savoir, et le prêtre répond très mal. Il redemande encore son chC' val et ses livres aux passants, qui lui crient injurieusement :

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