‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparésChapitre 39 sur 84 · V. 25126. (Renart) bée amont et aval · texte numérisé non relu

V. 25126. (Renart) bée amont et aval

Tant qu'il choisi sor Tarbre en haut Le moisnel qui saut et tressaut De branche en branche moult soé.

Sur sa demande, Droïn lui jette d'abord trois cerises, puis plein le giron, de façon qu'il en mange tant qu'il lui plait. Droïn se plaint de ce que ses neuf petits dépérissent de maladie, et demande conseil à Renart. Celui-ci énumère tous les pays où il est allé il y a seulement deux ans, pour trouver moyen de guérir Noble le Roi, conseille à Droïn de faire baptiser ses petits» prétend à cet effet être lui-même prêtre, se feit jeter les petits en bas de l'arbre et les croque. Le moineau désolé va chercher quelqu'mi pour le venger. Après quelques vaines demandes, il aborde le mâtin Moroui, plus loin Morot, Morhot„

Morhout, exténué de besoin, ayant servi un mavès vilain qui craint de mourir de faino, et dont alors Droïn dit qu'il quide avoir trové herboui' (famine) por le tens quHl voit un poi chier (v; 25362). Droïn, en lui promettant de quoi manger, persuade à Morout de l'aider. Il va voleter devant un paysan qui conduit une charrette de viande et Tattire à Técart pendant que le chien saisit un jambon, bacon^ dans la charrette et le mange ; puis, pour procurer à boire à Morout, Droïn vole à la tête du limonier d'une charrette de vin ; le charretier maladroit, voulant le chasser, fait tomber son coup sur le cheval, qu'il abat raide mort ; la charrette est entrahiée par la chute du cheval, un tonneau de vin crève et Morout en boit tout son saoul. Droon se rend au repaire de Renart, l'engage à venir le manger, et l'attire ainsi jusqu'à l'endroit où le chien se tient caché. Morout saute alorà sur Renart> le couvre de morsures et le laisse presque mort i alors Droïn vient triompher et se moquer dé lui (v. 25708). La-dessus arrivent Hersent et Yseti- ' grin,

v. 257/i^. Atant cz-vos Dame Kersent Sa conmere qui tant Tamoit, Qui son douz ami le clamoit^ Kt Ysengrlo aveques lui.

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Pleins de douleur et de compassion, Hersent et Ysengrin emportent Renaît chez eux» le font guérir par un médecin de Montpellier, le retienneqVun moi^ entier, et ne se séparent de lui qu'à leur ^aqd regret.

C'est en cet endroit (v. 25881) que la branche pourrait se diviser en deux parties : Renart commence à monter à cheval, ainsi que les autres personnages. Tout va prendre une tournure chevaleresque et perdre entièrement le naturel et le caractère de là fable.

Enchanté d'être guéri, Renart pique son cheval, aperçoit celui d'un écuyer qui est descendu pour lâcher de l'eau, et qui porte un tambour et un faucon ; il s'en saisit à la barbe du propriétaire et s'en va. Après avoir rapidement traversé le bois, il découvre des canards dans un marais, les fait lever à l'aide du tambour et s'en fait apporter trois par le faucon.

V. 25952. Mes il n'ot pas granment esté Qu'il vit le Limaçon venir La lance el poing, Tescu tenir, Sor un cheval tôt afichié (tout fixé, affermi), Bien armé, le baume lacié, Poingnant venoit par un essart.

Le limaçon. Tardif, se réjouit de rencontrer Renaît pom* se venger des nombreux griefs qu'il

a contre lui. Cependant Renart abat Tardif d*un coup de son tambour, s'empare de sa lance et de son cheval, sur lequel il charge ses canards.

Renart est mandé auprès du roi par une lettre que lui remet un messager en lui disant :

V. 2602(1. Mi sire Nobles 11 Lions l\ra ci ilec à vos tramis Gon à an des meillors amis Qae il ait et qu'il aime plus.

Renart promet d*obéir. Il rencontre Grimbert, son cousin, et en fait son écuyer; puis Percehaie, son fils aîné, monté sur un cheval , qui lui annonce la mort de sa mère Hermeline. Renart ordonne à Percehaie d'amener ses deux frères à la coiir du roi, où il veut les faire armer chevaliers. Renart est accueilli au château. Noble dit qu'il Ta fait appeler

V. 26127. Por paiens qui me font grant gerre. Il sont jà entré en ma terre.

Et si les conduit 11 Gbameus.

Jà ont de mes chastiax pris deus Des meillors, des plus fors donjons.

Tant i a des Escorpions, Oiipbanz, Tigres et Yvoires,

BugleS) Dromadères, Guivres, Serpcnz, Lesardes et Culovrcs. Suivant le conseil de Renart, Noble

fait appeler tous ses barons avec leurs gens ; ils viennent tous, excepté le limaçon Tardif, gonfanonier. D'après la recommandation d'Ysengrin même, Renart est nommé à sa place. Il demande au roi de faire ses enfants chevaliers. Le roi le prie de rester pour défendre la reine et le pays. Le roi prend avec lui Percehaie en qualité de gonfanonier pendant la campagne. Renart fait prêter serment de fidélité à tous ceux qui restent avec lui.

V. 26363. (Renart) Fu remès avec la Roîne Qu'il aime d'amor entérine Et longement Tavoit amée.

Renart, très content de rart*angement, jouit librement de ses amours avec la reine, approvisionne et fortifie le château. Le lion part avec son armée, que l'auteur décrit longuement, aussi bien qu'une grande bataille où tous les barons, armés de l'écu et du haubert, sont à cheval et se battent à coups de lance et d'épée, à la tête de milliers de combattants, etc. , et où plusieurs périssent * . Enfin le roi et Percehaie avec leur ba-

' Au nombre des grands et nobles animaux , le cheval seul ne figure pas ici ni ailleurs comme' baron , compagnon du roi , ou personnage important de la fable. Il ne fait que servir de monture aux autres bétes. L'âne remplit le rôle d'archiprétre.

taiUoDy décident la victoire. Les ennemis sont poursuivis jusqu'à la mer, où ils s'enfibarquent. Le chameau est fait prisonnier et écorcbé vif. Le lion fait enterrer les morts et transporter solennellement sur des bières Chanteeler et Ëspinart, le hérissoa.

L'auteur emploie encore une fois une transition d'une forme commode et ordinaire :

V. 26666. Ci ilec vos lairon dou Roi, Si vos rediron de Renart

Qui moalt estoit de maie part Et moult fa plein de fausseté.

Pour se faire Empereres, Renart fait apporter par im sergent la fausse nouvelle que le roi a péri pendant le combat, et, dans une feinte colère, il tue le messager d'un coup de bâton, aûn de n'être point trahi. Sur une clause testamentaire qu'il a faussement fabriquée, et du consentement de tous, Renart épouse publiquement la lionne, se fait proclamer empereur^ fait porter des trésors à Malpertuis, et fait fortifier et approvisionner le château où il demeure. Quand l'écureuil, suivi des convois, arrive pour annoncer la victoire, Renart refusé de le recevoir. Noble avec son armée veut mettre le siège devant le château. Renart le prévient en faisant une sortie.

Percehaie passe de son côté. Combat acharné. Brun li Ors * et Bruiant li Tors sont faits priscmniers. Festin et joie au château. Le lendemain nouvelle sortie (v. 27130). Grand carnage; Tybert y périt; Noble blesse Rovel, fils de Renart, et le fait prisonnier. Renart se retire dans une grande affliction ; il menace de faire pendi*e Brun et Bruiant. Échange de ces deux guerriers contre Rovel. Grande joie. Repos de huit jours pour la guérison de Rovel. Troisième sortie (v. 27472). Ysengrin est toujours un des barons les plus fidèles et les plus dévoués de Renart. Grand combat. Noble tue Malebranche, autre fils de Renart. Fureur de Renart. Grand carnage. Enfin les assiégés sont repoussés. Rentrée au palais. Colère et deuil de la mort de Malebranche. Renart et Noble jurent la perte l'un de l'autre. Noble vient camper tout près de la tour. Renart appelle ses deux fils et Ysengrin ; tous quatre s'arment et sortent pendant la nuit, surprennent l'ennemi et abattent la tente de Noble ; mais ils finissent par être entourés, et Renart est fait prisonnier (v. 27706) ; alors il s'humilie et demande son

* Bruns reparaissant pour secourir Noble, au vers 2720/(, accuse une singulière distraction , puisquMl est censé avoir été fait prisonnier la veille ; à moins qu'il ne faille prendre Bruns dans le sens collectif de toute la race des ours.

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pardon en récompense de ce qu'il a été sept fois pour Noble à Saleme^ à Paleme^ en Roma" nie, en Sarazinois, et de ce qu'il Ta guéri de la fièvre. Noble pardonne en effet; la paix se conchU, Noble rentre dans son palais ; la lionne TaccueiHç, et Ton cache soigneusement ses amours et son qiariage avec Renart, qui retourne à Malpertuis,

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