V. dynastie Plantagenet
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que Mathieu Paris appelle Wilhelmus Cornes Sarisberiensis, ipsitts regU avunculus, etc. Selon ce même chroniqueur, Guillaume eut un cornmandement à la bataille de Bouvines, en 1214, ety fut fait prisonnier. Une dizaine d'années après il essuya un naufrage, passa pour mort, reparut, fiit empoisonné^ mourut réellement et fîit en« terré en 1226. Son épitaphe consacre sa reputation et son surnom :
Flos comitum Willelmus obiit, stirps regia, Longus Ensis yagjnam cœpit habere brevem ' .
Sans aucune explication ultérieure sur la fanulle de ce comte Guillaume-Longue-Ëpée de Salisbury , oncle du roi Henri III et mort en 1226, Mathieu Paris (p. 491, 524, 52S, 629, 534, 65Ç et 572) fait une mention assez détaillée d'un autre Guillaume comte de Salisbury, évi- . denunent fils du précédent, auquel il attribue constamment le surnom de Longue-Ëpée, et qu'il fait également parent du roi Henri III. Ce fVilhelmus Longaspata^ cognatus régis ^ fîlius comitissœ et abatissœ de Acoca Halo y prit^ la croix en 1247, suivit Saint-Louts en Egypte et
* Maihœi Parisiensis opéra. Parisiis» I6/1/1, in-fol. p. i7A- 176, 226-227.
accompagna Robert d'Artois, firère du roi» dans sa folle entreprise devant Massoure, en 12S0. Le prince s'y noya, et Guillaume y périt lui-même en martyr après avoir yaillamment et glorieusement combattu^ En ne considérant que les dates seules^ le comte Guillaume du Couronnement de Renart pourrait être ce personnage. . Mais comme celui-ci n*a point été comte de Flandre 9 qu'il n'est pas mort dans un tournoi et qu'aucune autre circonstance ni considération n'appuie une telle supposition , il n'y a guère de motif de s'y arrêter. Il ne parait pas que Mathieu Paris contienne rien de plus qui éclaircisse directement la question du comte Guillaume des Lais et des Fables de Marie de France et de celui du Couronnement de Renart ^.
Joinville, en racontant la bataille de Afassoure
* Le maDuscrit Julius A V de la bibliothèque Cottonienneyau Musée Britannique» contient sur la bataille de Massoure et sur ce personnage, une pièce en vers Alexandrins que M. A. Jubinal a insérée dans son Nouveau recueil de Contes^ Dite, Fabliaux^ etc. Paris, 18/i2, t. U, p. 889-353.
' Si Ton veut consulter HIathieu Paris , il faut être sur ses gardés et ne pas oublier que cet auteur fUt mention de deux Guillaume-Longae-Épée, comtes de Salisbory. — Roquefort (Poésies de Marie de France, Notice, p. 20), en citant Mathieu Paris, indique les pages 691, etc., ce qui pourrait faire tomber dans une erreur grave et porter à confondre deux personnages différents, le père et le fils.
et la mort de Robert d'Artois, ne dit rien sur aucun Guillaume Longue-Ëpée et n'y mêle pas non plus le comte de Flandre ; mais il ne fait aucune observation sur le titre de comte de Flandre, dont il qualifie la personne qu'il désigne ainsi, et il parle constamment d'elle après le récit de l'affaire de MassoureS ce qui s'oppose à toute confusion entre le comte Guillaume Longue-Épée, qui y périt, et Guillaume de Flandre, fils aîné du comte de Dampierre et de Marguerite-la-Noire, comtesse de Flandre.
Les notions précédentes démontrent suffisamment que le fils naturel de Henri II, Guillaume Longue-Épée, mort en 1226, est la personne qui a fait écrire Marie de France, et dont cet auteur a fait une mention très honorable lors de la publication de ses Lais et de ses Fables.
IV. L'auteur du Couronnement de Renart a pris pour patron et instigateur de son poëme un certain Guillaume, bon, honorable, preu et vaillant chevalier, son seigneur, ayant dû être roi.
* Mémoires de JoinvUle, Edit. Pétitot Paris, 1819, p. 263, et ailleurs.
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mais ne conquérant guère que de la gloire, jadis comte de Flandre, tué en trahison dans un tournoi, servant de modèle à un certain marquis de Namur. En effet , Thistoire de la Flandre offre un personnage auquel ces détails s'appliquent parfaitement ; ils doivent par conséquent aider à fixer le pays et Tépoque de la composition du poëme.
Quand le prince danois Charles-le-Bon, comte de Flandre, eut été tué, en 1127, un parti espérait voir le comte Guillaume d'Ypres lui succéder dans la souveraineté de la Flandre ; mais à Taide de la protection du roi de France, Louisle-Gros, Guillaume de Normandie, surnommé Glito, fils de la sœur de feu le comte Gharles-le- Danois et de Robert Courte-Heuse de Normandie, fut nommé comte de Flandre ^ Toutefois, ni Guillaume d'Ypres ni Guillaume de Normandie ne pourrait être le comte Guillaume du roman du Couronnement de Renart , par cette seule raison que Fauteur étant fort occupé des Frères Mineurs et des Jacobins, établis seulement au treizième siècle, n'^a guère pu parler avec regret d'aucun des personnages du commencement du
* AUgemeine Geschichte der vereinigien Niederlande. In-û*, 1756. Vol. !•', p. 301, 3/j7, 352 et 376.
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douzième siècle comme de ses seigneurs contemporains.
Baudoin, élu empereur de Constantinople en 1204, fut comte de la Flandre et du Hainaut. Après sa mort, ses deux filles, Jeanne et Marguerite, gouvernèrent successivement la Flandre. Jeanne épousa le prince Ferdinand de Portugal, qui fut fait prisonnier à la bataille de Bouvines, Marguerite, surnommée la Noire, fut donnée d'abord au comte Bouchard d'Avesnes ; ce mariage fut dissous et elle épousa le comte de Dampierre, dont elle eut trois fils : Guillaume, Gui ou Guido et Jean *.
Dans la suite, l'aîné, Guillaume, comte du chef de son père et héritier du comté de Flandre par sa mère, porta le titre de comte de Flandre; c'est ainsi que le qualifie Joinville, qui fait fréquemment mention de lui dans la relation de la croisade de Saint-Louis, à laquelle Guillaume assistait. Marguerite, dans ses diverses transactions avec les d'Avesnes, enfants de son premier mariage, acquit le marquisat de Namur dans le Hainaut moyennant 60,000 marcs, et en in-
* GeschichU der Niederlande, von Kampen, p. 99. — Le livre de Baudoyn, conte de Flandre, publié par Serrure et Voisin. Bruxelles, 1836, in-8% p. 138 et suivantes.
340 REPfART.
vestit son fils puîné Gui. Après la mort du comte Guillaume de Dampierre, en 1241, Marguerite gouverna la Flandre jusqu à sou décès, en 1280, et de son vivant ses fils fiirent appelés comtes de Flandre. Le fils aîné prit d*abord une part active et salutaire au gouvernement. En 1248, il assista à la croisade de Saint-Louis en Egypte. D*alMNrd il fut faiit prisonnier; et à peine de retour dans sa patrie, il mourut Pau 1251 , selon les uns de maladie, selon d'autres pendant un tournoi dans le Hainaut, à Traisegnies^ où il fut jeté àterreet foulé aux pieds des chevaux *. En effet, si Guillaume
* Zwolf Bûcher NiederUiendischer Gesehichten^ von Léo. Halle, 1832. VoL 1*% Uy. 1*% ohap. i", p. 109, et ailleara.
MaUhdus Paris, ^ L. m, p. ô9à, 0 : Et (Joannes) precafens allii ad roborandam partem saam, iiqitem tune .dods BrabaBtie, aororem Tidellcet wmielmi de UoUaodiâ, aihi duxit in uiorem, per qoam sibi tantom robar accrent, quod Willielmus postea in qnodam torniamento extitit interfectns. Et frater snos, qid ei sic debait soccedere in comitatom Flandrix, com mnltla Fnndgenis obiit interemptns.. . P. 395, G :... Flandric Maigarita...., prior enim nata filins ejns, per illam peremptos est; alter, cmre mutilatus.
Philippe de l^Espinoy , dans ses Recherches des Aniiquitez ei nMesse ée Flandre^ Dooay, 1S31, p. 16, et Oadegherst, dans ses Chroniques et Annales de Flandre^ Anvers, 1571, f. 188, font mourir Gnillanme de maladie ; mais ie livre de Baudoffn es Flandre^ p. IM, J.Meyer dans ses GeMRM^ntertt site Annales remm Fîandricarum^ Hhri ITII, Antwerpiae, 1561, 1 76, Sandems, dans sa Fiandria iiinstrmta^ La Haye, 1730, v. I*
s'est rendu à Trasegnies dans le Haioaut , auprès de son frère utérin Jean d'Âvesnes, son compétiteur et son adversaire déclaré, et qu'il y ait péri par suite de quelque accident ou autrement , on s'explique facilement que l'auteur du Couronnement de Reuart l'accuse d'avoir été trop loyal et trop confiant, et attribue sa mort à quelque félonie de la part de la faiiniUe d'Â vesnes. D'après tout ceci, il paraît y avoir la plus grande probabilité que le comte Guillaume dont il est question dans le poëme du Couronnement de Renart, n'est autre que le comte Guillaume de Dampierre ou de Flandre , fils atué de Guillaume de Dampierre et de Marguerite de Flandre, et mort en 1251; que le poème, n'ayant été fait qu'après son décès, a été composé en Flandre pendant la seconde moitié du XIIP siècle, et que par conséquent il n'a pu être écrit en faveur d'aucun Guillaume Longue-Ëpée, ni du fils du duc Rollon, ni de celui de Henri II, ni de son petit-fils le chevalier croisé , mort à Massoure avec le comte Robert d'Artois , non plus que
p. 61, et rÀrl de vérifier les dates^ réimprimé et continué par Saint-Allais, 1819, article des comtes de Flandre , le font périr par accident ou traliison au tournoi de Trasegnies dans le Haiuaut, 6 juin 1251.
342 RKNART.
pour Guillaume, fils de Robert Courte-Heuse de Normandie, nommé comte de Flandre.
y. Les paroles et les éloges du prologue du Couronnement deRenart, vers 1-140, s'appliquent sans difficulté à Guillaume fils aine de la comtesse Marguerite de Flandre, et fournissent même d*autres preuves encore à Tappui de notre hypothèse.
V. 1. Pour la noble chevalerie Qui jadis fu si ensauchie * En France et en toute Bretaigne , En Engleterre, en Alemaigne, Par tout TEmpireet le Roiaume, Dou preu vaillant Conte Williaume Qui jadis fu Contes de Flandres ^ Pour le grant non dont nus eschandres ' Ne fu de lui, dont vilains dis
V. 10. Fust onques contés ne oïs, M*est pris talens et volentés Que pour çou qu'il fu si sénés, Si larges, si preus, si cortois.
Par raison deuist iestre Rois, Et si fust-il mais que la mors
' Exaltée.
• Scandale, esclandre.
RENAHT. 343
Le prist pour ce qu'il s*erl amors A cou qu*ele het et despite * .
Après des remarques sur la cupidité de son temps, Tauteur continue :
y. 51. Cil ne fu mie ensi hués
Dont j*ai dit * , mais plus regretés C*onques ne fu mesir Gavains, Pour cou que li Guens morut ains G*avoirs montât en si grant pris.
Si Tai-jou en mon conte pris Pour doner exemple d'onour A son linage qui la flour Ont aveuc aus de tout le monde, etc.