V. 2977. Au jor d'ui a Rènars
De ce monde bien ^s deus pars Des laies gens et doi Clergié, etc.
V. 2997. Moult devons ce Signéur *. amer Et pour s*amour Renart bouter En sus de nous. Dex le nos doinst, Et tous nos pecîés nos pardoinst.
y. 302^. Âinc mais à Gort n*ot tant de gent, Car quatre lieuwes environ Ne véist-on se biestes non*.
Renart est comblé des plus grands honneurs.
Einsi com Belim li moutons vint devant le Roi et aporta son aignel mort, et si vint Beline la herbis et Chantecler le coc et Pelez li ras et Chenue.la soriz. (V. 3068-3166; 112 v.)
Au beau milieu de la fête, Belins, Chantecler et Pelez viennent se plaindre qu'Ysengrin , Hubert et Mitous, fils de Tibert> ont dévoré leurs petits '. Noble s'indigne, Renart l'excite, Mitons et Hubert sont pendus , Ysengrin n'est sauvé
' Jésus.
* A quatre lieues à la ronde on ne vit qu^animaux.
' L^agneau est appelé Giermete.
388 RSNART.
que parce que Tiesselins vient dire que Tagneai^ n'a pai^ été tué par Ysengriri , mais par son fils Pinçars, lequel par conséquent est pendu.
Renart se met cej^ndant en embuscade, dévore le fils de Cl\£intecler, fait poursuivre et maltraiter Ysengrin et Hersent par deux matins, rencontre Tibert dans Taffliction, le flatte et le console tout en songeant à lui jouer quelque tour.
Einssi corn Renart s'enfuit au bois à tout un oison cuit, et Tyebers li chaz remest en la maison, si i fu laidement batu. (V. 3167-3298; 132 v.)
Renart et Tibert vont au butin ensemble. Renart sent le rôt, ils entrent dans un garde-manger, dépense; tandis que Tibert s'amuse à vider un pot de crème, Renart empojjge une oie rôtie, laisse retc»nber la poile, et s'en va au bois manger le rôt. Tibert miaule, attire les gens qui s(mt au jardin, garding, reçoit des coups, s*approcbe trop du brasier^ va communiquer le feu de son poil à la paille et incendie la maison. Sauvé à grand' peine, il arrive auprès de Renart, qui s'est tranquillement endormi ; Tibert le gronde et menace de se plaindre à la cour; Renart
AENART. 38î)
se moque de lui. Un abbé de Citeaux vient àpas^ ser avec six moines et deux eonvers,
y. 3276. Lors atant ont de lonc coisl ' Venir de Gistiaus Dant Abbé Sour un grant palefroi monté :
Od lui des moines sis au plus, £t avoec deu3 çonvers barbus.
L'un. des convers porte un héron attaché derrière lui sur son cheval. Renavt et Tibert prétendent que c'est pécher de la part des religieux que de manger de la viande,et projettent de s'en emparer.
Einsi conme Renart se coucha où chemin conme mort, et un convers de* Citiaux qui avoit un hairon troussé darriers lui descendi et prist i?enart et leiia avec le hairon. {\. 3299-3366; 68 V.) *
Renart s'étend comme mort près du chemin )l le convers le prend et le lie au héron de telle manière queTétreinte et le trot du cheval le font presque mourir. Passant devant un arbre où Tibert se tient , Renart crie au secours ;' Tibert saute sur la croupe du cheval , qui s'emporte; convers, chat et héron tombent , et Tibert em? porte le héron sur un arbre. Enfin la courroie se rompt, Renart tombe aussi, arrive sous l'arbre
«Is
390 RRNART*
OÙ Tibert a grimpé , et le salue en flamand (v. 3366 : En flament haut le salua).
Ce n'est ici qu'une variante de la branche seconde et d'autres du premier Renart ; aussi, comme dans ces bi*anches, Renart est désigné par les noms de Goupil et Goupius. En rentrant tout-à-fait dans Tapologue, cette branche sort donc du caractère général du poëme de Renartle-Nouvel. •
Ënsi conme Tibers li chaz est montez seur un arbre à tout le hairon, et Renart est par desous, st parole à lui. (¥..3367-3390; 24 v.)
Renart et Tibert se saluent en flamand.
y. 3367. Goude jouk hiere goudendaat. Tibiers li respont en soumat, H Goude kenape wiileconine * , ete.
Renart demande la moitié du héron, mais Tibert refuse, attendu que Renart ne lui a rien donné de Toie rôtie. Ainsi même ces petites branches épisodiques sont parfaitement liées Tune à Tautre et font un seul ensemble.
* Bon jeune homme, bon jour. — Bon garçon, sayez le bienvenu.
fi
nBNART. 39 i
Einsi conme uns Bouchers qui menoit un buef et un tor et deusrchiens^ aîHsa Renart, si le fist pillier au chiens qui moult le domagerent. (V. 3391-3464; 74 v.)
Un boucher qui passe lance ses deux chiens sur Renart, qui n'arrive qu^avec beaucoup de peine à Malpertuîs, où tout le monde le reçoit bien, excepté sa femme, encore jalouse de Taventure avec Harouge. Renart la bat, lui coupe les cheveux , et la chasse ; elle va porter plainte au roi, et divulguer tout le scandale. Grand vacarme; Hardis li lupars est furieux, ce n'est qu'à grand' peine qu'il consent à accepter Texcuse et Tamende du roi, à condition que celui-ci l'aidera à se venger de Renart, et qu'il ne recommencera pas son commerce avec Harouge.
Ainssi conme Ysengrin li leus et li Quos et I Tybers li chaz se vindrent plaindre au Roi. (V. 3465-3545; 81 v.)
Au beau milieu de la discussion aiTivent jp loup, le coq et le chat; ils viennent se plaindre de nouveau de Renart. Noble menace aussitôt de le fairo pendre, fait crier son ban, rsrssemble
302 RBBIART.
une nombreuse armée (v. 3493, ducs, (Mutes, princes et casés, bourgois, citoiiens et ftdvésl) et marche contre Malpertuis. Le roi confie encore l'avant-garde et le gonfanon k Tardif le limaçon, et donne Tarrière-garde au léopard* Renart se [daint<l'ayoir été trahi par sa femme et d'être surpris à Timproviste et sans avoir son château pourvu :