‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparésChapitre 71 sur 84 · V. 55ftO, Pris m'a au pet cnmi, la voie Sans pourvéance · texte numérisé non relu

V. 55ftO, Pris m'a au pet cnmi, la voie Sans pourvéance

Einsi comme li rois Nobles fait assaillir Mau' permis. (V. 3546-3648>103 v.)

L'auteur nomme les animaux assaillants. Roi et Lupars sont blessés à Tassant. Roi fait sonner la retraite. Renart demanda une trêve de quinze jours, que le roi est bien aise d'accorder. Renart parle d'aller par tous les pays lever des troupes auxiliaires. En attendant Duuin le colon vient apporter un message de la part du roi.

Si comme Rois Nobles envoie son mes à Re*

nart.

■ Lettre très formelle en prose de la part d ^vqU et puis trcnte-quatro vers, vers 3649-368

ncHART. 393

La lettre contient d'abord force injures plates contre Renart^ puis la promesse de lui accorder sa grftce s'il veut venir la demander, faire amende et dmmer satisfaction; sinon, guerre et destruction à jamais. Le style est ampoulé et la lettre est datée d'une façon singulière -. Ces léires- furent faites par grant esgart de nous et de no conseil et kierkies {chargée, donnée en charge) l'an ke Phasiphé II Ro'ine fente le Roi Minos engenra d'un tor Minotaurum par te comeit Dedalus, witante nuef, et mois que ti tousignos trait à air.

Renart est choqué du ton de la lettre et de l'humiliation qu'on exige de lui. 11 envoie fFauket te Gai ( geai ) avec une autre missive en réponse au roii

Si conme Renars envme ses lettres au Ri»

Noèlon par JVauket ti ghai son mesagier.

(Lettre en prose, et puis vers 36t(3-4096 ;

414 vers).

La lettre de refus de Renart est audacieuse et méHante ; Renart prétend être innocent et prouver son innocence en portant un fer h cheval au sommet d'une lance; sinon il détîe le roi et U0' siens. L'épître est terminée aussi singulièrement

394 RBMAHT.

que l*autre : Ce% leêres furent kierldes tjm ke H mousson se conbatirent as mouskerontêf mtante et set , el mois ^ue li pouchin devienent poulet. Il y a quelque apparence que ces lettres sont interpolées.

La lettre de Renart met le roi en grande colère; Wauket effrayé s'envole sans prendre congé , va faire son rapport à Renart , et conseillé la soumission. Renart n'y consent pas; il encourage son monde S et promet, en cas i^e besoin, de les embarquer tous dans un grand et merveilleux navire muni pour tenir la mer pendant douze ans. '

Renart décrit en détail le navire et les matériaux qui ont servi à le construire ( vers 3773 et suivants); dans une longue et complète allégorie, c'est une ironie , une satire générale et spéciale des phis amères, suivie de réflexions sur le monde, le péché et le salut; tous les vices et péchés enti^ent dans la composition du navire de Renart. En voici quelques traits :

V. 3773. Li fons est de maie pensée, Et s'est de traïâon bordée, £t clauwéc de vilounie,

' Nouveau jeu, pendant quatorze vers, v. 3731 et sulv. ,sar I mois et rimes de fin, finer, finement, etc.

Et de honte très bien poîe.

De trecerie en est li mas; Par ceste nave est Nobles mas , Car li sigles est de boisdie '

L'ancre est de malice et de foi-mentie, les gens de toutes les classes, clercs et laïques, aiment à y loger; la sentine est de désespoir sans repentir; déloyauté y fait la sentinelle; la proue est forgée de félonie, de fierté, de cruauté et de fausseté; Je navire est enveldppé d'un di*apgris tissu d'hypocrisie, de* paresse, et de mauvaise vie; pour amiraux il a le pape et les cardinaux, pour équipage des clercs, des prêtres? des moines de toute espèce , des Jacobins prêcheurs et des frères mineurs ; il a le vent propice de péché pour se rendre en enfer auprès de Proserpine afin de s'y charger d'Orguel, petit-fils du roi Noble. D'après ces renseignements les partisans de Renart' cessent d'avoir peur.

L'auteur avertit cependant que tout chrétien doit s'alarmer de la marche de ce navire, qui mène à la mort :

V. 3905: Li nave en coi tant visces a Est nos cors ki par le mer va

* Appuyé.

* Le roi sera vaincu par ce navire, car les voiles sont de fourberie.

jk

306 RSNART.

Dou monde ù a perllleus irens :

Poi i regardent moût de gens, Car se no nave où monde fcnt, Dont va no nave malement.

Car la mors n'espargnc nului.

Rien n'étant plus certain que la mort, il faut donc» pour Dieu, prendre bien garde où nous mène le vent de péché ; de façon que nous devons agir selon les paroles des prêtres , et non d'après leurs œuvres :

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