‹ Les romans du wagonChapitre 11 sur 29 · APPARTEMENTS · texte numérisé non relu

APPARTEMENTS

DE ÜABÇONS

Je suis garçon — ce qui peut arriver à tout le monde, même aux femmes.

Mon concierge est venu m’annoncer, l’autre matin, que la maison contiée à son autocratie allait tomber sous la pioche municipale et qu’il me fallait trouver ‘ un logis pour le terme prochain.

J’ai accueilli cette expropriation sans enthousiasme — car j’exècre le changement en matière d’immeubles et j’abhorre la tablature que donnent les déménagements. .

Quelle perspective ! quels ennuis!...

Il faut jeter au panier les cartes de visite où l’ancien domicile est indiqué en fine cursive, quitter le barbier que votre menton commençait à ne plus maudire, délaisser le bureau de tabac où cent londrès plus blonds que Mlle Pierson avaient été mis de côté pour votre usage spécial.

Il faut de plus avertir ses fournisseurs, ses amis, sa maîtresse... j’allais dire ses créanciers.

Et puis, quand sonne minuit, il faut diriger vers un autre point sa démarche rêveuse, gagner un quartier inconnu, et dormir dans un lit où les éveils sont féconds en désappointements parce que les oreillers regardent le midi alors qu’hier ils regardaient le nord.

Dans la bagarre, les bibelots de l’intérieur ont fatalement changé de place.

Là où j’apercevais une nudité de Chaplin mon œil rencontre une sainteté de Scheffer — à cause des cadres trop étroits ou trop larges pour les pans des murs.

Ce n’est pas tout.

Mes fenêtres donnaient jadis sur un magasin de modes, elles plongent maintenant sur la vitrine d’une revendeuse «à la toilette. Aux horizons de tulle rose ont succédé des cascades d’oripeaux défraîchis !

L’énumération de ces déboires n’est rien auprès des fatigues qui précèdent une installation probléma-

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