‹ Les romans du wagonChapitre 12 sur 29 · APPARTEMENTS DE GARÇONS · texte numérisé non relu

APPARTEMENTS DE GARÇONS

tique — grâce à M. Haussmann, qui assainit la capitale et porte à 6000 francs les appartements les plus modestes.

Adieu, gracieuses bonbonnières, où les dragées de hasard semblaient si bonnes à croquer !

Adieu, réduits charmants composés de deux pièces trop vastes pour l’amour, trop étroites pour les tristesses! Domiciles mignons qu’encombrait une jupe de soie, qu’emplissait la fumée d’une cigarette et que parfumait un mouchoir de batiste oublié sur un fauteuil !

Je me mis donc en campagne dans les vieux quartiers.

Sur la foi des écriteaux, je grimpai vingt fois à des entresols, précédé du concierge, qui sonnait discrètement à la porte close par une serrure Fichet.

Chose bizarre ! vingt fois des femmes vinrent nous ouvrir, et connue j’avais réservé le matin à mes pérégrinations, je les surprenais toutes en longs peignoirs blancs. Leur visage ne trahissait aucun trouble, leur altitude était bienveillante. Certaines négligeaient même de croiser sur leur sein la mousseline suffisamment indiscrète et me montraient complaisamment les avantages du local.

— Observez, monsieur, me disait l’une, que le cabinet de toilette communique à l’alcôvc.

Elle m’entraînait alors dans un coquet boudoir dont l'atmosphère était chargée d’essences.

— Monsieur, faisait une autre, on est très -bien

ici. C’est assez haut pour les armoires à glace et l’appartement a deux issues. ,

— Remarquez, observait une troisième, que j’ai deux croisées sur la rue... on voit venir les gens de ' loin.

Etrange! étrange! étrange! murmurais-je, et je cherchais toujours.

A la vérité je me souciais peu de vivre dans ces gynécées... aussi hésitais-je à prendre un parti.

Il m’advint cependant de m’arrêter devant un bizarre écriteau accroché à des persiennes que le vent balançait au-dessus d'une porte cochère de bonne apparence.

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