AP PARTEMENTS DE GARÇONS
Sonnez à droite. Une locataire complaisante vous guidera dans le labyrinthe.
Je ne me le fis pas dire deux fois.
Une femme, dont le visage accusait plutôt vingtcinq hivers que vingt-cinq printemps, entrebâilla le ventail de chêne.
Elle avait le peignoir traditionnel, mais il était d’un blanc douteux et maculé par places. Cette flottante tunique enserrait un buste grêle. Une tête hâve et vicieuse, aux yeux bistrés et aux lèvres pendantes, sortait de ce fouillis de ruches crasseuses.
Elle me fixa de sa prunelle flamboyante — comme on regarde le facteur qui tient une lettre chargée.
— C’est pour l’appartement.... balbutiais-je.
— Ah ! répondit-elle d’un ton désapppinté.
J’entrai.
En parcourant les pièces, dont les meubles poussifs racontaient la misère, je remarquai dans les façons de mon guide une nonchalance singulière. En argot de bohème, cette femme manquait de conviction.
Elle s’arrêta tout à coup, et se tournant vers moi :
— J’aime mieux tout vous dire ! fit-elle, cet entresol n’est pas à louer. Je suis sans le sou, et je dois
trois termes... Le cas était pressant — j’ai dû attirer les gens par la ruse. A l’aide d’un pourboire à mon concierge et de l’inscription que vous avez lue sur mes volets» j’amène à moi le flot qui reculait sans m’avoir rien apporté...
— Monsieur, dis-je en me retirant, au gardien de la maison, changez la teneur de votre écriteau.
— Qu’y faut-il mettre ?
— Appartement de fille, parbleu !