‹ Les roses du laurierChapitre 100 sur 114 · XI Y POUR CIPRIANI ET DE FELICE · texte numérisé non relu

XI Y POUR CIPRIANI ET DE FELICE

{Strophes dites au banquet offert par le ijroupe socialiste de la Chambre)

Je vous salue, ô frères d'armes, Au nom des peuples acca?jlés Qui n'ont récolté que des larmes Dans les champs où luit l'or des blés ! Je vous salue au nom des foules Qui, battant de leurs vastes houles La rive où naît le jour vermeil, S'en iront demain, hors du goufTre, Loin de tout ce qui pleure et souffre, A la conquête du soleil !

Devant les maîtres en délire.

Devant le mal lâche et hideux, Vous avez, rivaux du martyre, Accompli le devoir tous deux.

Ce qu'on entend, quand on écoute Le bruit de vos pas sur la route,

Au bas des vagues horizons, C'est, dans les mois où tout rayonne, L'aiïreux sabot de fer qui sonne Aux dalles noires des prisons !

Le lambeau de pourpre qu'on foule Quand on vous suit par les chemins, C'est votre noble sang* qui coule Pour les sombres damnés humains ; Ce qu'on voit, quand on vous regarde, Dans l'espèce d'ombre hagarde Où le vent bat votre llambeau.

C'est la rude bure des geôles Qui revêt vos larges épaules D'un affront glorieux et beau !

Et tant mieux que la loi farouche.

Broyant l'âme, tuant la chair.

Ait pu sceller sur votre bouche Le verbe ailé, puissant et clair !

Tant mieux que les Maîtres stupides, N'ayant plus de lions numides Au seuil banal de leurs palais, Vous aient livrés, de ville en ville, xVux baves du scribe servile, Aux dents des chiens et des valets !

Tant mieux, Cipriani, que l'onde, Au gré du vent mal apaisé, Se soulève en écume et gronde Autour de ton esquif brisé î

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