POUR LA CAVALCADE DE LA VACHE ENRAGPÎE
Déchaînée à travers les rues Comme le vent dans les forêts, Quand les diatribes amères Eclaboussent les vieux Homères, Fiers damnés du Sort inclément, Ou que Tenvie et la couleuvre Rampent en marge du Chef-d'Œuvre Avec le même siftlement!
Au retour des mois où la sève Tressaille dans les rameaux verts, Ton ombre glisse avec le rêve Sur la feuille où chantent nos vers.
Le sculpteur te voit dans la nue, Lorsque sa prunelle ingénue Y guette les contours sacrés ; Et c'est ton haleine profonde Qui fait trembler la toile blonde Sur les chevalets effarés.
Bonne bête gaîment cornue !
Déesse lo de tous les temps !
Ceux qui ne t'ont jamais connue N'ont, hélas! jamais eu vingt ans.
Le Sénat, triomphe illusoire !
Leur passe le bâton d'ivoire Avant leur dernière saison ; Et tous préfèrent, ô nature !
Le Bérengerde la Censure Au Béranger de la Chanson.
La musc de Montmartre, née D'un joli baiser du soleil, Met sur ta croupe décharnée Les lis divins de son orteil; Et la voilà debout et fière, Le front couronné de lumière, Les cheveux au vent envolés, Cependant que les tourterelles Ouvrent l'éventail de leurs ailes Au bout de ses doigts fuselés.
Allons, en marche ! c'est ta fête Devant le soleil éternel.
Voici les Pierrots de Willette, Non moins ailés que ceux du ciel !
Voici les pauvres que tu manges, Le groupe blond des petits anges Au front blême, à l'œil azuré.
Qui, doux comme un lever d'étoile.
Saignent au travers de la toile, Les jours où Pelez a pleuré !
La force épousera la grâce ; Tout sera comme un lis choisi :
La Patrie, àme de la race, Veut être du cortège aussi.
Pendant que les Cupidons roses, Epars dans les apothéoses.
Tirent la flèche ou tendent l'arc.
Voici, sous la bannière peinte.