Livre le juste à l'anathème
Et les brebis aux dents des loups ?
N'as-tu dessiné sur de l'ombre
Qu'une chimère haute et sombre,
Dans l'énorme page où tu mets
An service de Souvarine
Le flot qui, pour noyer la mine,
Ruisselle au penchant des sommets?
A EMILE ZOLA :il
N'as-tu ciselé qu'un fantôme, Quand le vieux, pleurant en chemin, S'en va, chassé du toit de chaume.
Avec son bâton dans la main?
S'il suffit d'un baiser d'alcôve Pour éveiller la bête fauve Dans la poitrine de Lantier, Est-ce que la race et la terre.
Mariant leur double mystère, L'ont fait ton tragique héritier?
Claude lutte, Sigismond rêve Que tout le vieux monde a croulé ; Saccard s'arrondit, Nana crève Le ventre au million volé ; Riche ou pauvre, palais ou bouge, Tout fait la culbute ; et Bazouge Emmène la Camarde au bal...
Toi, tu dresses devant l'Histoire, Pour les siècles et pour ta gloire, L'implacable procès-verbal!
Et que m'importe qu'on t'accuse, Au nom du bon goût désolé.
D'avoir au front blanc de la Muse Arraché son masque étoile?
Ce n'est pas seulement pour dire Des bagatelles au zéphire Volant à travers les rameaux Que la légion des génies
ROSES DU LAUKIER
A tendu ses lèvres bénies A l'éternel baiser des mots.
Que les beaux faiseurs de morale, Agenouillés devant les grands, Fassent d'abord cesser le râle Des parias et des souffrants !
Ce n'est pas ton labeur sincère, C'est Tuniverselle misère Qu'il faut maudire à pleins poumons.
Laissons se protéger les anges :
Nos doigts ne pétrissent les fanges Que pour lapider les démons !
Dans ton œuvre bien étayée,
Où Taile vibre, où tout est clair,
La' justice vit, appuyée
Sur ses quatre jarrets de fer.
Concorde! plus de misérable!
Ton réalisme formidable
Aura vengé notre idéal.
J'attends que le grand soleil vienne ;
Et déjà là-bas, comme Etienne,
J'ai vu frissonner Germinal !
Or, c'est une pléiade amie, Où les Ris fêtent les Amours, Qui t'ouvre son académie, Sans te corriger ton discours.
Notre bureau, c'est la pelouse; Pas une cigale jalouse