‹ Les roses du laurierChapitre 30 sur 114 · LA. BONNE RENCONTRE · texte numérisé non relu

LA. BONNE RENCONTRE

^.1 l'occasion du centenaire de Victor Hugo)

Sur une impériale, en avril, un dimanche,

Un vieillard, en veston, la l)arbe toute, blanche.

Le front vaste et coiffé d'un léger feutre mou,

Était assis, les yeux perdus on ne sait où.

Silencieux, les bras en croix, comme en prière,

A côté d'une jeune et charmante ouvrière

Qui mettait dans le ciel un éblouissement.

Le vieillard, tout à coup, lui parla doucement,

Avec des mots pareils aux musiques des astres.

Il lui dit qu'il avait subi bien des désastres.

Les orages du sort, le fiel des envieux.

Il n'était à présent qu'un bonhomme de vieux,

S'agenouillant de loin devant la beauté sainte.

Sa lèvre était fermée à l'inutile plainte ;

Ses yeux ne pleuraient plus que sur les maux d'autrui.

Il croyait, il sentait Dieu palpiter en lui

Comme l'oiseau dans l'œuf, sous l'aile tutélaire.

Les forfaits couronnés déchaînaient sa colère ;

Page 1