LA PETITE MERE
Elle sourit, elle se penche, Belle d'orgueil, ivre d'espoir :
Quand on le sortira dimanche, Tout le monde voudra le voir !
Une bonne étoile se lève Pour elle, dans la nuit du sort.
Ne la troublez pas : elle rêve!
Ne faites pas de bruit : il dort !
Elle a comme des baisers d'àme.
Quand le bébé sera bambin, On lui dira : « Mon Dieu ! madame, '< C'est donc à vous, ce chérubin? »
Le vent, épars dans la clairière,
Cajolera les nids flottants.
Elle répondra, toute fière :
« Quand il vint, j'avais dix-huit ans. »
Les pinsons, cachés dans Tyeuse, Lui feront des tas de discours...
La petite mère est songeuse ; Le petit bébé dort toujours.
Il dort, assoupi d'un silence, Ayant avec elle, ô douceur !
La radieuse ressemblance D'un dernier frère avec sa sœur.
Et Ton croirait, tant la nature La divinise en Tinspirant, Que c'est la Vierge en miniature, Avec un Jésus déjà grand.