‹ Les roses du laurierChapitre 44 sur 114 · LA PETITE MERE · texte numérisé non relu

LA PETITE MERE

Elle sourit, elle se penche, Belle d'orgueil, ivre d'espoir :

Quand on le sortira dimanche, Tout le monde voudra le voir !

Une bonne étoile se lève Pour elle, dans la nuit du sort.

Ne la troublez pas : elle rêve!

Ne faites pas de bruit : il dort !

Elle a comme des baisers d'àme.

Quand le bébé sera bambin, On lui dira : « Mon Dieu ! madame, '< C'est donc à vous, ce chérubin? »

Le vent, épars dans la clairière,

Cajolera les nids flottants.

Elle répondra, toute fière :

« Quand il vint, j'avais dix-huit ans. »

Les pinsons, cachés dans Tyeuse, Lui feront des tas de discours...

La petite mère est songeuse ; Le petit bébé dort toujours.

Il dort, assoupi d'un silence, Ayant avec elle, ô douceur !

La radieuse ressemblance D'un dernier frère avec sa sœur.

Et Ton croirait, tant la nature La divinise en Tinspirant, Que c'est la Vierge en miniature, Avec un Jésus déjà grand.

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