‹ Les roses du laurierChapitre 45 sur 114 · LA CRÈCHE · texte numérisé non relu

LA CRÈCHE

Pour M""^ Jeanne Gautiei

Oh ! les gentils bébés des crèches !

Groupe charmant et querelleur I Tout le rose duvet des pêches A neigé sur leur joue en fleur.

Hiver, été, dans la mansarde, C'est toujours la même saison. La mère travaille, on les garde :

Ils seraient seuls à la maison !

Doux envolement d'âmes blanches î Innocence éclose en chansons !

On dirait, dans la paix des branches, . Une querelle de pinsons.

Ils ont quinze jours, trois semaines; L'aube à peine leur apparaît.

Pauvres mignonnes fleurs humaines Que le moindre vent briserait !

L'édredon fin qui les protège, Les coussins clairs et dentelés Se creusent en vagues de neige Derrière les cous potelés.

Le rideau léger se soulève Autour du berceau frémissant, Comme si les anges du rêve Le baisaient d'un soufQe en passant.

La main dodue, à moitié close, Plus frêle qu'un vain liseron, Effleure d'un tremblement rose Le ventre blanc du biberon.

Cela gambade, caracole.

Pleure en tombant, retombe exprès, Improvise des ponts d'Arcole En franchissant des tabourets.

Vacarme, bataille, équipées !

Chacun s'escrime à sa façon.

Quand ils ont tué les poupées, Le parquet est rouge de son.

Mais, c'est le tour de la clémence.

Tout s'épanouit en gaieté :

Le gazouillement recommence, Les berceaux dorment à côté.

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