‹ Les roses du laurierChapitre 68 sur 114 · LE BON MENSONGE · texte numérisé non relu

LE BON MENSONGE

L'iris luit comme une prunelle ; La lune se mire aux étangs ; La branche se fait maternelle Aux nids, vagues berceaux lîottants.

Tu n'es pourtant, belle nature, Avec tes fleurs et tes rameaux, Qu'un poème sans signature.

Où nous forçons le sens des mots !

Mais, à quoi bon le vert trophée Des chênes au flanc des talus, Si la forêt n'a plus de fée, Si le vent ne nous parle plus?

Oui, la fleur est une âme éclose !

Ce n'est point à cause du miel Que Tabeille fait à la rose Des révérences dans le ciel !

Le laurier dit : « Je suis la gloire ! » La vigne dit : « Je suis le vin ! » Et nous avons besoin de croire.

Tant la vie est un souffle vain,

Que l'oiseau pleure, quand il quitte Le vieux nid ou la vieille tour.

Et que la frêle marguerite A le souci de notre amour.

Page 1