‹ Les roses du laurierChapitre 70 sur 114 · LA REINE · texte numérisé non relu

LA REINE

J'ai par-dessus l'épaule blanche Entr'ouvert d'un doigt diligent La chemise qui vers la hanche Est descendue en voltigeant.

Eros vaguait dans les clairières, Semant le trouble des aveux :

J'ai bouclé les deux jarretières Sur les genoux fins et nerveux.

Les ramiers et les tourterelles Se becquetaient dans le matin :

J'ai fait sous les rondeurs jumelles Craquer le corset de satin.

Un vieux merle, raillant ma joie, M'a dit : « Que fais-tu là, réponds ?» Je nouais les cordons de soie, Dans le tremblement des jupons.

Tant et si bien, ô reine belle, Qu'à la fin vous trôniez encor Dans un triomphe de dentelle, Sous la haute couronne d'or!

Puis, j'ai regardé la feuillée.

Les fleurs, Taube, le firmament ; Et je t'ai redéshabillée.

Sans savoir pourquoi ni comment !

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