‹ Les roses du laurierChapitre 74 sur 114 · DECLIN · texte numérisé non relu

DECLIN

Je descends, las de mon rêve

Qui s'achève, L'autre versant du coteau. ^

Toi, tu marches dans la vie,

Tant ravie Du lent retour des saisons Que tu distingues à peine

L'ombre vaine Des cyprès sur les gazons.

Quand tes doigts frôlent l'ivoire,

C'est à croire Que la note, revivant Sous ta main savante et frêle.

Bat de l'aile Comme un ramier dans le vent.

Ton cœur contient l'harmonie

Infinie Des astres et de la mer ; Et pourtant ta bouche est rose,

Comme éclose D'un rais de l'aube dans l'air.

Reste ainsi, gente Camille ;

Ris, babille, En attendant l'être aimé.

Je serai la branche morte

Qu'on emporte :

Tu seras la fleur de mai !

Janvier IB9S.

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