‹ Les roses du laurierChapitre 77 sur 114 · A MARSEILLE · texte numérisé non relu

A MARSEILLE

L'onde rôdeuse, qui déferle En fredonnant des virelais, Fait danser des lueurs de perle Sur les galets.

Là-bas, les îles qu'a groupées Le flot orageux et changeant.

Surgissent, comme découpées Dans de l'argent.

Les femmes, vivantes statues, Types d'opulente beauté.

Passent lentement, revêtues De majesté,

Comme si l'auguste Chimère Faisait, à l'appel des aïeux, Revivre en ces filles d'Homère L'orgueil des dieux.

Ville hospitalière au poète !

Quand je bois ton souffle sacré.

Je ne sais plus si la tempête M'a déchiré.

Je lis en toi comme en un livre Qu'on ouvrirait devant l'autel ; Je ris, j'ai vingt ans, je suis ivre D'aube et de ciel ;

19i ROSES DC LAURIER

Et c'est à croire, âme éperdue, Que la muse aux divins réveils Verse dans ma coupe tendue L'or des soleils.

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