‹ Les roses du laurierChapitre 78 sur 114 · ENCORE A MARSEILLE · texte numérisé non relu

ENCORE A MARSEILLE

{Pièce dite par M. Silvai7i, de la Comédie-Française, à r occasion des fêtes du 25'^ centenaire.)

Pour Silvain.

C'est rheure où les rochers luisent comme des flammes , Où le vaste flot bleu rit au soleil levant. Quels sont ces hommes bruns qui, penchés sur les rame s, S'en viennent par la mer dans les baisers du vent?

Ces hommes bruns, penchés sur les rames chantantes, Sont des Grecs fiers et doux qui, vains jouets du sort, Cherchent, pour y planter leurs piques et leurs tentes, La baie heureuse et calme où la vague s'endort.

L'Olympe a débarqué, la poésie arrive !

La terre en tressaillant s'offre à ces inconnus.

Et déjà leurs enfants ont couru vers la rive,

A travers les galets roulant sous leurs pieds nus .

Le chef a regardé la colline escarpée,

Les rochers où le flot roule ses goëmons ;

Et s'appuyant du poing au pommeau de Tépée :

— Cette terre, a-t-il dit, est la sœur de nos monts!

« Si les Dieux paternels ont ouï ma prière,

Nous bâtirons ici, devant les cieux dorés,

Une ville de paix, de joie et de lumière,

Où les grands boucliers pendront aux murs sacrés ! »

Et voici qu'une vierge au front nimbé de roses A dit au beau guerrier : — Je suis fille des rois ; J'avais pour ton baiser gardé mes lèvres closes ; Tu seras mon époux, prends cette coupe et bois ! »

Le chef a bu, les fleurs ont escorté le glaive, L'hyménée a chanté son chant sauvage et doux, Et la blanche cité, noble fille du rêve. Est née en souriant du baiser des époux.

O cité! maintenant travaille, fais ta gerbe, Règne, marque ton pas dans le sillon humain ; Ton geste est radieux, ta médaille est superbe, Qu'elle ait le profil grec ou le profil romain.

Comme si tu voulais à la terre lointaine Coudre avec du soleil un lambeau de tes cieux, Tu lances sur les flots la barque d'Euthymène Vers le Nord sidéral, pâle et mystérieux.

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