‹ Les roses du laurierChapitre 84 sur 114 · LA MOHT DU LISERON · texte numérisé non relu

LA MOHT DU LISERON

Pour 3/°* Elodie Chabmncl.

Un peu pensif, presque morose, J'errais sous les rameaux penchants; Je vis dans le soir pâle et rose Mourir un liseron des champs.

Au gré del'air qui chante et vole, La fleur avait sur le vieux mur Ouvert sa tremblante corolle Comme une clochette d'azur.

La tige, ayant aux fentes grises Roulé ses doigts menus et verts.

L'avait offerte au vol des brises, Dans le triomphe des cieux clairs.

Le papillon, lumière ailée, Vivant bijou qui brille un jour, L'avait si tendrement frôlée Qu elle avait défailli d'amour.

Radieuse et battant de l'aile, L'abeille avait pieusement Sonné dans la clocbette frêle Son bourdon berceur et charmant.

Douce fleurette énamourée !

Sur ses bords qui pendaient un peu

MidiTavait comme dorée

Du bout de ses ailes de feu.

C'est en passant qu'il incendie Le ciel vaste où le jour décroît ; Et l'heure s'étant refroidie, Le liseron avait eu froid.

Alors, déjà presque fanée, Triste et pâlissant lentement, La pauvre fleur s'est inclinée Avec un léger tremblement.

La blonde abeille est revenue, Les papillons sont revenus; Mais il ne l'ont pas reconnue, Elle qui les a reconnus.

Les grillons cachés sous la pierre.

Le long des sentiers bruissants, Ont tout seuls chanté la prière Qu'on dit pour les agonisants.

Page 1