VÉGÉTATION ET FLORAISON
tandis que les yeux latents restent inactifs ou ne se développent que par une taille courte. On à le tort de tailler généralement sur les yeux latents, tandis que l’on devrait aller chercher les yeux florifères les plus rapprochés, et qui le sont d'autant plus que la pousse est de végétation moyenne.
Certaines espèces à long bois n’ont leurs yeux florifères qu’assez loin de la base du rameau, ce qui oblige à une taille longue.
Les espèces sarmenteuses et à très-long bois ne donnant de fleurs que sur de faibles brindilles qui se développent tout le long de la partie supérieure du rameau, ces rameaux ne peuvent être taillés que fort long, si l’on veut obtenir une belle floraison.
Les rosiers de l’Inde, du Bengale, etc. ont une floraison continue, c'est-à-dire que de nouvelles pousses florifères se développent jusqu'aux froids, et donnent successivement de nouvelles fleurs. Leur première floraison est la moins parfaite, soit qu'elle ait eu à souffrir d’une taille trop courte, soit qu’elle ait été maltraitée par les hâles du printemps.
Une exposition aérée est celle qui favorise le plus la floraison des rosiers , mais néanmoins un site à demi-ombragé, pendant les heures les plus chaudes de la journée, convient mieux encore pendant l'époque de la floraison. Les fleurs ouvertes s’y conservent plus fraîches et bien plus longtemps qu’en plein soleil.
C'est à huit heures du matin que les roses sont dans tout leur éclat; fraîchement écloses, rien n’a encore altéré la vivacité d’un coloris sur lequel scintillent quelques gouttes de rosée. L’ardeur du jour hâte leur épanouissement ; les pétales s’écartent et perdent de leur fermeté, leur teint s’altère, le rose tendre pâlit et le pourpre tourne au rouge violacé; mais vers le soir ces fleurs reprennent une partie de leur fraîcheur, et elles
la conservent encore pendant les premières heures du jour suivant; cependant certaines variétés sont plus durables : nous avons vu des roses rester À à 5 jours épanouies sans altération bien sensible.
Les saisons trop sèches ou trop pluvieuses nuisent à la floraison des roses. Un temps chaud et couvert, entremêlé de quelques pluies douces, leur est au contraire particulièrement favorable.
Les roses dont le calice est gros, charnu et évasé, ne s’ouvrent qu'avec difficulté à la première floraison (La Reine) ; celles à floraison facile et régulière ont le calice moyen et fusiforme (Jules Margottin). Elles sont plus ou moins odorantes selon l'espèce et même selon la variété; ainsi les roses Bengale sont presque privées d’odeur. La rose Thé, qui en diffère si peu, exhale au contraire une odeur des plus suaves. C’est la Rose bifére qui est la plus odorante, aussi est-elle cultivée pour la parfumerie. Les rosiers hybrides remontants ayant des rapports avec cette dernière ont généralement aussi beaucoup d’odeur.
Nous ferons remarquer que l'odeur de la rose est trop subtile pour être sentie de loin, et qu'il faut se pencher vers la fleur pour en respirer le parfum. Cette odeur est plus prononcée par un temps orageux, ce qui s’explique depuis que l’on a reconnu que les fleurs électrisées exhalent une odeur plus forte.
On doit placer les rosiers dans les conditions les plus favorables à une bonne végétation, et la meilleure plantation n’est pas toujours celle qui à coûté le plus. Une bonne terre de jardin convient parfaitement aux rosiers. Ces arbustes n’exigeant pas un défoncement profond du sol, il faut éviter, en défoncant, de
mélanger la terre végétale avec celle du sous-sol, qui est toujours
comparativement médiocre ou mauvaise. Si la couche de terre : végétale n’a pas 50 centimètres de profondeur, on devra rapporter de la bonne terre en ados sur les corbeilles ou les massifs.
Les rosiers se plantent en lignes ou en corbeilles. On doit être fixé, avant la plantation, sur l'effet que produiront les mas- sifs dans l'ordonnance du jardin. Si le jardin est dessiné à l’anglaise l'effet sera produit par l’ensemble des corbeilles; sil esten lignes droites, chaque pied produira isolément son effet. Ce dernier mode de plantation convient surtout aux rosiers de collection, qui demandent à être assez espacés pour fleurir dans toute leur perfection.
La distance à mettre entre les pieds de rosiers dépend de l'effet que l’on veut obtenir, mais on devra se rappeler que des rosiers largement espacés sont toujours plus beaux que ceux qu'on a plantés trop près les uns des autres. On voit dans beaucoup de jardins des rosiers-tiges tellement serrés, qu’il n'est pas possible que leur végétation puisse se développer, aussi les massifs qu'ils forment ont-ils le plus souvent un aspect triste pendant l'été, et leur floraison, naturellement, est en proportion de leur peu de vigueur, rarement satisfaisante.
Si les rosiers sont destinés à être plantés en corbeille on choisira, autant que possible, pour les mettre ensemble, les variétés qui se rapprochent par leur port et leur mode de végétation. On plantera les plus vigoureux au centre, et les autres successivement, par décroissance de taille, en cercles concentriques. En général, on doit éviter ici les sujets qui prennent un développement exagéré. Dans nos cultures de rosiers nous ne cherchons pas à dépasser 80 centimètres de tige, considérant cette hauteur comme la mieux proportionnée avec la tête de l’arbuste.
Il est souvent avantageux de former des corbeilles avec une
seule variété ou du moins avec des variétés très-voisines. Le rosier Hermosa et le Cramoisi supérieur, francs de pied, dont la floraison est si hâtive et si abondante; le rosier Jules Margottin ; le Jacqueminot, d’un si splendide effet; la Rose du Roi, la Rose de la Reine, le Souvenir de la Malmaison, dont la floraison est si continue, et quelques autres encore, sont des variétés de premier ordre pour former des corbeilles en rosiers nains ou francs de pied, soit entremêlés, soit cultivés à part les uns des autres, dans autant de corbeilles différentes.
Les rosiers remontants formeront la majorité dans un jardin. Si on les plante en ligne on entremêlera les espèces ; si on les plante en corbeilles on pourra également varier les espèces dans une même corbeille, mais il faudra choisir celles qui ont le plus d’analogie par leur végétation; ainsi, on mettra ensemble les hybrides remontants et les Bengale; les Thé, les Ile-Bourbon, les Noisette à rameaux courts iront ensemble. Les Noisette et les Île Bourbon à rameaux sarmenteux, ainsi que les variétés non remontantes, se plantent d'ordinaire isolément. Outre cela, on établira en avant des massifs quelques touffes de rosiers remontantis très-vigoureux, ainsi que des non-remontants, notamment quelques beaux pieds du rosier Malton, qui, en cinq années, prend les proportions et la figure d’un petit arbre et se couvre de milliers de fleurs. Cette variété et quelques autres très-vigoureuses forment des touffes de 2 mètres et plus de hauteur, dont l’effet décoratif est admirable. Il en est de même du rosier Ayrshire greffé, qu'on peut employer au même usage.
Les Noisette les plus vigoureux et le rosier Capucine se plantent avantageusement en bordure autour des massifs d’un jardin anglais, mais il faudra les tailler longs, pour qu’ils ne soient pas étouffés par les autres et qu’ils puissent fleurir librement.
Certains rosiers francs de pied font de superbes massifs et
AE
Fig. 19. Massif de rosiers hautes tiges.
des toulles vigoureuses. En les plantant il faudra se confor-
mer à la règle citée plus haut, c’est-à-dire se régler sur leur
ns =