II PRÉFACE
être reconnus aujourd’hui; aussi les botanistes qui ont essayé de mettre de l’ordre dans ce chaos y ont-ils toujours échoué. Bon gré, mal gré, il faut renoncer à donner une classification des Rosiers conforme à leurs affinités réelles ; tout ce qu'on peut demander est un groupement par à peu près, et qui satisfasse aux besoins de la pratique.
Les auteurs de ce nouveau traité de la Rose n'ont pas prétendu vaincre des difficultés qui ont rebuté les savants; ils se sont contentés du rôle plus modeste et, à coup sûr, plus utile de trier, dans cette fourmilière de roses anciennes et nouvelles, les variétés d'élite, sans se préoccuper de leur origine. La plupart sont, à n’en pas douter, le fruit d’alliances illégitimes, et c’est à cela peut-être qu'elles doivent leur beauté. Au surplus, les croisements entre espèces, races et variétés, sont à l’ordre du jour en horticulture, et il faut bien reconnaître que c’est à eux qu’on doit une multitude de charmantes fleurs qu’on n'aurait jamais obtenues par d’autres moyens.
Dans ces trente à quarante dernières années la culture du Rosier a fait plus de progrès qu'elle n’en avait fait auparavant en plusieurs siècles, et son répertoire, ainsi que nous venons de le donner à entendre, s’est accru dans d'énormes proportions. De là l'insuffisance croissante des anciens ouvrages qui traitent de la Rose, et dont la majeure partie n'a plus qu’une valeur historique. La célèbre monographie illustrée du peintre Rédouté elle-même est à peine consultée aujourd'hui. Véritable chef-d'œuvre pour le temps où elle a paru, elle perd chaque jour de son utilité par le seul fait de l’abandon graduel des variétés de Roses dont elle contient l’histoire et que des variétés plus récentes font tomber dans l'oubli. Fallait-il, par respect
pour un grand artiste, arrêter l’histoire des Roses au point où il l’a