IV PRÉFACE
oisiveté, à combien d’autres atteintes plus graves l’âme n'est-elle pas exposée par le déchaînement des passions, les ambitions désordonnées et les déceptions qu’elles traînent à leur suite, les affections trompées, les malheurs auxquels aucun homme n'échappe, et enfin par la lassitude et le dégoût de toutes choses, conséquence ordinaire d’une vie mal réglée ? À tous ces maux l’innocente passion des fleurs offre un remède, ou tout au moins un soulagement, et, à ce point de vue, elle s’élève presque à la dignité d’un précepte de morale. Utile à tous les âges, elle l’est surtout au déclin de la vie, quand l’homme désabusé, et sondant le vide de son existence passée, commence à s'inquiéter de l’avenir inconnu vers lequel il s’achemine. C’est alors que ces fleurs qu'il à cultivées de ses mains et auxquelles il s’affectionne lui parlent le langage de l'espérance. Créatures charmantes, elles font remonter sa pensée au Créateur, désormais but unique de ce qui lui reste d'existence.