ARTICLE X
Les Poils.
Les rosiers, surtout dans leur jeunesse, sont assez souvent couverts de poils, productions dont les fonctions paraissent être analogues à celles des glandes.
Les poils sont droits ou couchés, mous ou roides; parfois ils ont une sorte de consistance qui les a fait assimiler à des épines molles. Les termes suivans sont usités pour rendre leurs diffé rens états :
Pilus ; pilosus (poilu ), dit en général, s'entend des poils superficiels qui couvrent certaines parties des rosiers.
Villus (velu), de poils longs, serrés et mous ; pubes (duvet), d’une réunion de poils mous et peu nombreux.
Seta (soie), se dit d’un poil un peu roide et terminal ; comme on le remarque sur le calice du Rosier setigera de Micraux.
Tomentum ( coton), sert à exprimer une réunion de poils longs et crépus.
Musca (mousse), un assemblage de poils longs, couchés, ressemblant à de la mousse > Comme dans le rosier mousseux.
Quand les poils sont surmontés d’une glande où quand ils
prennent naissance sur une glande, on dit qu'ils sont glandu-
leux, glardulosi.
Les poils se présentent encore sous diverses autres formes dans les végétaux, mais nous n’en parlerons pas, parce qu’on ne les a pas encore remarquées sur le rosier.
Les botanistes se sont servis des poils et des glandes pour la distinction des espèces; M. Rav les a principalement employés pour fonder son système de classification des rosiers des environs de Wurtzbourg, et M. Leman a établi les subdivisions du sien sur les pédoncules glabres ou hispides. Mais.ces conceptions spéculatives ne résistent pas à la pratique, et peuvent tout au plus servir pour le rayon dans lequel ces systèmes ont été composés ; car personne n’ignore que tel rosier est velu où glanduleux dans un climat, tandis que le même individu est glabre dans un autre, et que ses organes accessoires sont susceptibles d’être modifiés par la culture et le croisement des espèces.