ARTICLE XI
La Corolle.
La corolle de la fleur du rosier se compose de ces pièces minces, colorées, odorantes, formées d’un grand nombre de petits vaisseaux et d’un tissu cellulaire analogue à celui des feuilles que l’on nomme pétales (petala , Fig. 27). Ces pétales offrent l'image d’un cœur renversé; ils sont insérés à l’orifice du calice, et alternent avec ses divisions. Les pétales participent de la nature des étamines, ce qui est démontré par la facilité qu'ont celles-ci de se convertir en pétales:
Dans l’état sauvage, la corolle n’a que cinq pétales; alors la rose est simple ( sémplex ). j
Une partie des étamines se convertissant en pétales, et plusieurs de ces derniers se trouvant ajoutés aux cinq premiers, les
botanistes disent , dans ce cas, que la rose est semi-double ( semiduplex ).
Lorsque le nombre des pétales est encore plus considérable, de vingt ou de trente, par exemple, mais qu'il reste un nombre
d’étamines suffisant pour féconder les germes, on dit que la corolle est double (multiplex ).
Enfin, quand les pétales sont poür ainsi dire innombrables, ce qui arrive lorsque toutes les étamines sont métamorphosées , on dit alors que la rose est pleine (plena), par exemple la centfeuilles. Dans le climat d'Europe, la culture seule pêut procurer dés roses doubles ou multiples; mais, dans l’Inde, aux environs de Chyraz, et surtout sur le mont Varthaplour, dans le pays des Koukars, l’odorat est enchanté pàr la multitude des roses doubles qui croissent spontanément.
Nous parlerons successivement des pétales, de leur couleur, de leur parfum et de leur dimension.
À. Le pétale. On distingue, dans le pétale, la lame (/amina, Fig. 27, A), et l'onglet (unguis, Fig. 27, B).
La lame est la partie supérieure et étalée du pétale.
L'onglet est sa partie inférieure, rétrécie sous la forme d’un pédicule plus où moins long, plus où moins dilaté, et inséré immédiatement sur le réceptacle. Les pétales, considérés dans leur forme générale , offrent le plus souvent l’image d’un cœur renversé ; mais ils varient souvent au sommet, surtout dans les roses doubles et dans les hybrides. On emploie les térmes suivans pour exprimer ces variations.
Obtusus, obtus, pour faire entendre que le sommet du pétale est à peu près rond.
Præmorsus, qu'il est comme rongé.
Acuminatus , qu’il se prolonge en une pointe plane.
Emarginatus ; que le sommet du limbe est plusieurs fois ou bien régulièrement incisé.
Quand, dans une rose multiple, les pétales du centre sont roulés de haut en bas parce qu'ils n’ont pu se développer, on exprime cette circonstance Par ces mots : pefala circinato involuta.
Le terme pannosus nous a servi à désigner des pétales chiffonnés et lacérés en guenille. Ex. : Rosa indica Ppannosa.
On nomme pétales avortés, ceux qui n’ont pas pris tout leur accroissement par l'effet d’une cause accidentelle externe où in-
TP) D 7 rm =
TRAITÉ DU ROSIER. 27 terne. Il est des roses dans lesquelles ils manquent tous par des motifs qui tiennent apparemment à l'organisation de l'espèce : telle est la rose sans pétale , Rosa centifolia apetala.
L’onglet ou la partie inférieure du pétale ne présente de modification qu’en raison du plus ou du moins de rétrécissement de cet organe, sous la forme d’un pédicule. Il est court (brevis) dans la plupart des pétales; souvent il est presque nul; parfois aussi il est très allongé , comme dans la variété connue sous le nom de Cent-feuilles-œillet.
B. Les couleurs. Les pétales du rosier offrent une admirable variété de couleurs. Excepté le noir pur et le bleu , il n’est pas de nuances que l’on ne réncontre dans la fleur de cet arbrisseau. On y trouve tantôt des couleurs mates, tantôt des couleurs brillantes ou des couleurs changeantes : ces dernières ont la propriété de varier leurs nuances par les différentes directions de la lumière. Les auteurs qui ont écrit sur les rosiers , ne se sont point occupés de la définition systématique des couleurs; ils se sont contentés d'indiquer les teintes générales , ‘par la raison, sans doute, qu’il est impossible d’asseoir un caractère fixe sur des nuances qui se renouvellent continuellement par la culture.
En examinant les pétales des différentes fleurs du rosier, depuis le moment de leur épanouissement jusqu’à celui de leur chute, on remarque les couleurs suivantes :
La couleur blanche (albedo).
La couleur noirâtre ou grise presque noire (zégredo). On la rencontre sur quelques variétés du gallica, mais au moment de la chuté des pétales seulement.
Le brun (bruneus ).
Le violet (violaceus ).
La couleur rouge (rubedo ).
La couleur jaune (favedo ).
Chacune de ces teintes principales produit un grand nombre de variations intermédiaires dans le détail desquelles nous n’entrerons pas, mais qu'on trouvera parfaitement définies, avec les termes qui leur sont applicables, dans la théorie élémentaire de